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# Posté le jeudi 08 octobre 2009 15:55

Mohammed Benamar DJEBBARI - Nédroma - mon pere

Mohammed Benamar DJEBBARI - Nédroma - mon pere
Le parcours et l'oeuvre d'un éducateur, présentés succinctement ainsi que le patrimoine valeureux qu'il laisse en exemple
Mohammed Benamar DJEBBARI est né le 21 janvier 1918 à Nédroma, où il a fait ses études primaires à la fois chez le «fkih» et à l'école française. Il a fréquenté ensuite l'EPS de Tlemcen de 1932 à 1937. Il a été admis à l'Ecole Normale d'Instituteurs de Bouzaréa en juin 37, comme major de la promotion indigène comptant 30 élèves, au lieu de 20 habituellement sur environ 400 candidats algériens qui se sont présentés au concours d'entrée. Son séjour à Bouzaréa a été marqué par les événements suivants :

En première année, il a participé activement avec tous les normaliens présents (indigènes, européens et sectionnaires) à la grandiose célébration du cinquantenaire des ENIB dirigés alors par M. Aimé Dupuy.

La 2 ième année s'est déroulée normalement sous la menace cependant, d'un 2° cataclysme mondial. Les prétentions et l'audace de Hitler conduisent, le 3 septembre, à la deuxième guerre mondiale.

La 3°année, il se retrouve, non à Bouzaréa mais à la caserne du 19° régiment du génie à Hussein-Dey.

Une dizaine d'indigènes munis au moins du Bach, sont autorisés pour la 1ère fois, à participer à un peloton d'Elèves Officiers de Réserve, (EOR) dans le génie, prévu à Versailles mais qui s'est déroulé après une longue attente, en raison de la débâcle française, à Douéra.

De retour à la vie civile en novembre 1940, il est affecté à l'école de garçons de Nédroma. Titularisé sur son poste, il s'est marié le 24/10 /1942 mais dès le débarquement américain en Afrique du Nord, le 08/11/1942, il est rappelé comme sous officier au 45ième bataillon des transmissions à Maison-Carré. Sa Compagnie de radiotélégraphistes, devenue parc des transmissions d'armée, cantonne pour s'organiser, s'équiper et se préparer à un éventuel débarquement en Europe, successivement à Birtouta, Casablanca (Maroc), Larbaâ et enfin aux aréas invivables, de Hassi ben Okba, près d'Oran.

Sa Compagnie débarque finalement en Provence avec la 1ère Armée française d'Afrique commandée par le général de Lattre de Tassigny. C'est en chantant «C'est nous les Afric0ains qui revenons de loin, nous venons des colonies pour défendre le pays», qu'il participe à la libération de la France, depuis la Provence, en passant par les Alpes, le Jura, les Vosges, l'Alsace et finir la guerre à Grenoble avec les FFI.

Démobilisé en septembre 1945, il rejoint son poste à l'école puis au CEG de Nédroma, enseignant les disciplines littéraires (français, histoire-géo, dessin) puis les sciences naturelles et physiques, pour se fixer enfin en math. Il mène alors dans sa ville natale, en pleine «commune mixte», avec le risque de perdre son gagne pain, une activité intense à la fois pédagogique et nationaliste jusqu'en mars 1956.

La guerre d'indépendance de l'Algérie le contraint à se déplacer avec sa famille à Rabat (Maroc), il enseigne tout en militant à l'OCFLN, d'octobre 1956 à juin 1959 les math,au Collège de premier cycle de Settat puis d'octobre 59 à juin 62 au Lycée Moulay Youcef à Rabat.

A l'indépendance, il retourne en Algérie. Il n'est nullement tenté par des situations importantes et préfère rester dans l'enseignement. Dans un pays dévasté et déserté, il faut tout improviser et refaire «à partir de zéro», surtout dans le domaine de la scolarisation et de l'éducation. Un travail colossal mais enthousiasmant lui échoit. Différentes fonctions, souvent cumulées, lui sont confiées. Il les accepte sans rien refuser, sans rien demander en retour.

10.1962-06.1969 : Inspecteur de l'enseignement élémentaire et moyen bilingue à Tlemcen (4 ième circonscription comprenant la zone frontière et la ligne Morice, encore truffée de mines), en recréant et en réorganisant les œuvres complémentaires de l'école (FOCET).

1968-1971 : Directeur du CEG, CET et école de garçons de Nédroma (poste d'origine obtenu en 1956), et rejoint à la suite d'un désaccord avec l'Inspecteur d'Académie).

1971-1975 : ouverture et Direction du nouveau CEM d'Agadir à Tlemcen.

1975-1980 : ouverture et Direction du CEM Abou Hamou Moussa II et du CEM Abdelmoumen, tous les deux nouvellement construits, (ainsi que le lycée, par la suite, grâce à ses démarches de président de la commission des affaires culturelles et sociales de l'APW de Tlemcen), l'un en tant que titulaire, le second appartenant à l'enseignement religieux, à titre bénévole, pour son intégration à l'Education Nationale.

01/10/1980 : retraite après 43 ans d'ancienneté jour pour jour, depuis l'admission, à l'ENIB.

1981 à 1984 : Inspecteur de l'enseignement fondamental, contractuel.

Soit 46 ans bien ficelés qui se prolongent encore depuis sa retraite par diverses activités, au service de l'instruction et de la culture, en dépit des déficiences physiques dues à l'âge et aux embuches et difficultés diverses qu'il ne cesse de rencontrer anormalement sur son chemin.

2-

« Un parcours rude mais bien rempli » Parcours rude par :

- des études primaires et secondaires dans des conditions difficiles, interrompues dès l'Ecole Normale et tout au long de l'exercice de la fonction d'enseignant par des guerres successives (2 ième guerre mondiale, guerre d'indépendance de l'Algérie, guerres du terrorisme).

- la lutte contre le régime colonial puis contre les déviations et la perversion de l'Administration algérienne.

- des événements douloureux, familiaux et professionnels, des problèmes et faux problèmes permanents. Parcours bien rempli :

L'importance du travail accompli et la qualité de l'œuvre réalisée en témoignent :

- initiatives personnelles ou sur demande de l'administration, pour aménager, embellir et construire des locaux scolaires, aux moindres frais et en peu de temps.

- activité constante de recherche, d'amélioration et de diffusion de méthodes et de techniques pédagogiques innovantes, au niveau local, national et international (techniques Freinet, méthode de découverte en mathématiques, membre du bureau de la FIMEM (Fédération Internationale des Mouvements de l'Ecole Moderne), chargé de la confection de la « Gerbe internationale, participation à plusieurs RIDEF et congrès en France, en, Europe, organisateur de la RIDEF de Tlemcen en 1975.

- formation de centaines de cadres de haut niveau, de toutes nationalités et confessions religieuses se trouvant actuellement en Algérie, au Maroc en France au Canada, en Amérique et ailleurs. Quelques exemples parmi les plus connus :En Algérie : Baghdadi Mohammed, Directeur général des domaines, Baghdadi Djilali, magistrat réputé, Sid Ahmed Ghozali, premier ministre, le général Rahal Yahia, Keddar Ahmed docteur en sciences nucléaires en Autriche, Benzaghou Benali, recteur de l'Université Bab Ezzouar, Medelci Mourad, ministre des AE .

Au Maroc: Driss El Basri, ministre de l'intérieur du roi Hassan II et bien d'autres notoriétés.

L'œuvre d'écrivain. (éditée 2 fois, par l'OPU et l'AGP à Oran puis par l'ANEP à Alger)

Elle comprend : une autobiographie en 3 tomes (citée ci-dessus)

Tome 1 : «D'une guerre mondiale à l'autre» ou de la naissance à une fausse démobilisation (21 janvier 1918 – 12 octobre 1940)

OPU en novembre 1999 et ANEP en octobre 2004 (286 p., 40 illus.)

Tome 2 : «Des débuts de la seconde guerre mondiale à la fin de la guerre de libération de l'Algérie» (novembre 1940 – mars 1962)

AGP en novembre 2001 et ANEP en avril 2004 (288 p. , 29 illus.)

Tome 3 : «L'indépendance» (19 mars 1962 – 16 avril 2002)

AGP en avril 2002 et ANEP en novembre 2006 (406 p., 59 illus.)

un quatrième livre, paru fin décembre 2006 Il s'agit d'un « roman historique » de 160 p,.inspiré par les trois tomes précédents, intitulé :« Hami s'en va-t-en guerre, ne sait quand reviendra ». C'est un témoignage vécu sur le rôle négatif,discriminatoire et sur l'ingratitude de la colonisation dans l'Armée française. Thème traités récemment dans le film « l'Indigène »

Remarques importantes : - les quatre livres ont été entièrement réalisés (textes, photos, dessins, corrections, maquettes) sur ordinateur par .l'auteur, entré sans aucune formation préalable, dans l'informatique malgré un âge avancé et une déficience visuelle de plus en plus importante.

-D'autres livres auraient été écrits sans doute !

L'ordinateur est devenu un compagnon inséparable et une raison de vivre encore et d'exister, comme enseignant et éducateur de générations passées, présentes et futures.

3-

L'œuvre de MB DJEBBARI commentée à travers ses écrits par des personnalités notoires, des universitaires algériens et français, des journalistes réputés et de simples lecteurs.

- Le Président de la République Abdelaziz Bouteflika, dans deux lettres de félicitations à l'auteur.

1-«J'ai reçu votre livre avec un grand plaisir, d'autant plus que j'en ai entendu dire beaucoup de bien, avant même qu'il me parvienne, pour l'abondance et la qualité des renseignements, qu'il renferme, utiles à tous ceux qui étudient l'histoire de la réalité vécue dans notre pays durant l'occupation étrangère, depuis le début du siècle jusqu'à la fin de la révolution libératrice, bénie...Je vous félicite et je félicite la bibliothèque algérienne pour ce livre excellent....

Je demande à Dieu de vous aider, à faire davantage pour le bien de l'Algérie, de vous conserver, de vous récompenser au nom de tous ses enfants et d'augmenter les hommes de valeur tels que vous »

2-«C'est avec une extrême satisfaction et un immense plaisir que j'ai reçu le tome 2 de vos précieuses mémoires. Dès que je l'ai parcouru, j'ai senti que votre haute notoriété nous a gratifiés, encore une fois, d'une œuvre appréciable et digne d'éloges. Après une longue et méritoire carrière et des efforts couronnés de succès au service de l'éducation et de l'enseignement dans notre pays, vous honorez à nouveau, votre corps et ceux qui en font partie, en écrivant et en faisant connaître le rôle brillant assumé au siècle passé par les générations d'enseignants algériens, en vue d'enraciner les fondements de notre personnalité nationale et les valeurs de notre civilisation dans la conscience de notre jeunesse...

Continuez donc et soyez persuadé, notre maître vénéré, que l'Algérie enregistrera votre mérite avec l'encre de la fierté et de la gloire».

- Djilali SARI, prof. à l'Université d'Alger. (El Watan du 22. 12. 1999). «Il faut lire et relire attentivement le premier tome de M.B. Djebbari, l'authentique et l'illustre de ces « humbles instituteurs », cette génération d'apôtres du savoir et du savoir-faire qui a eu l'honneur et la lourde tache de jeter les bases du renouveau, de semer « les bonnes graines » à travers des terres ingrates».

-A. DJAGHLOUL, prof. à l'Université d'Oran . (Algérie Magasine, du 23 au 29 03 2000).

«Le premier tome des mémoires de MB Djebbari, intitulé « D'une guerre mondiale à l'autre », se lit avec un rare bonheur. Le lecteur y trouvera d'abord l'histoire d'une tranche de vie d'un Nédromi, de sa naissance le 21 janvier 1918 à sa démobilisation le 12 octobre 1940. L'auteur sait raconter dans une langue drue, pétillante d'humour et riche en anecdotes suggestives, les différentes étapes de sa vie d'enfant, d'adolescent et de jeune adulte et les différents milieux sociaux (quartiers, villes, familles, écoles, armée dans lesquels s'est formé cet enseignant de la vieille génération. S'il n'était que cela, ce livre serait déjà beaucoup pour le lecteur d'aujourd'hui. Mais il est plus que cela, il est aussi une contribution notable à la connaissance du système scolaire colonial et à la socialisation politique nationalitaire des élites d'une médina, remettant souvent en cause avec une franchise allègre les jugements abrupts que les générations actuelles ont tendance à poser sur un passé si proche et déjà si lointain».

- Nadir MAROUF, prof. d'anthropologie sociale à l'Université Jules Vernes (Picardie). Amiens (Préface au livre de A. Dendane paru en 2002, éditions l'Harmattan, Paris).

« La parution récente du livre autobiographique de Monsieur M.B. Djebbari, inaugure sans aucun doute une historicité inédite dans notre pays. ... Je pense que la sociologie de l'éducation encore balbutiante en Algérie, s'enrichirait des précieuses informations que recèle ce type de travaux. ...Valeur documentaire certes, mais le style n'a rien à lui envier ; riche, chatoyant par endroits, la richesse du vocabulaire et l'élégance des formulations et des phrases dont le niveau ferait pâlir de jalousie nos docteurs d'universités ».

4-

- A. BOUHAIK, journaliste (Le quotidien d'Oran du13 12 1999, (article intitulé : Des normaliens dans le siècle)

« Fraîchement sorti des presses de l'Office des publications universitaires, vient d'être livré à notre bonheur de lire, un revigorant, tonique et fort utile ouvrage. Son auteur M.B. Djebbari a assurément réussi là un travail urgent à découvrir. ....Nous l'avons lu, dévoré devrions-nous dire d'un bout à l'autre comme une friandise, en le dégustant à plusieurs de ses niveaux.».

- Docteur Hadj Mahi Senouci (simple lecteur)

- Mahmoud BOUAYED, conseiller culturel à la Présidence de la République :« C'est avec un réel intérêt que j'ai longuement feuilleté et parcouru appréciativement ce livre, qui, sans nul doute, va enrichir le fond littéraire de notre mémoire nationale... Je reste persuadé que l'usage de sa lecture et de sa consultation, sera fructueux et profitable aussi bien pour le chercheur, l'étudiant, le polygraphe que pour les professionnels de la pédagogie, toutes générations et toutes écoles confondues ».

5-

H. HANNOUN, prof.. en sciences de l'éducation aux Universités d'Aix Marseille. (Message Email).

« Ce travail est selon moi, celui d'un « militant de l'éducation populaire ». On devine qu'il est engagé et sincère. A ce titre, il me paraît être un excellent outil de travail pour les futurs travaux pouvant porter sur l'histoire de l'école en Algérie englobant à la fois la période coloniale, celle de la guerre d'indépendance et la période actuelle. Votre ouvrage est, sur ce point, d'une richesse incontestable pour qui veut connaître cette école « de l'intérieur », vécue par l'un de ses acteurs.

Ce travail doit être considéré non comme une fin en soi mais comme l'outil des recherches des sociologues et historiens présents et à venir. Il devrait déboucher sur des considérations dépassant le simple stade de la relation des faits vers les enseignements à en tirer aux différents plans historiques sociologiques et pédagogiques » Je pense même que l'école algérienne actuelle, dans les difficultés qu'elle traverse, doit pouvoir tirer des leçons de votre expérience...» Par exemple, le fait que votre ouvrage « profitable pour elle » soit écrit en français ne renforce t-il pas l'idée (très discutée, je le sais, en Algérie) selon laquelle les traces laissées par la période coloniale ( la langue française par exemple) ne sont pas toutes négatives de façon absolue. La langue française a même participé à la lutte pour l'indépendance et j'en veux pour preuve les œuvres de Kateb Yacine, Malek Haddad, Mohammed Dib ... et votre ouvrage.

- G. GRANDGUILLAUME , prof. à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris (auteur d'une thèse de doctorat de 3°cycle sur Nédroma avec J Berques et de la préface du tome 1)

«...l'avantage de votre livre est qu'il est écrit de l'intérieur, par quelqu'un qui a vécu les événements en témoin direct. Je pense qu' un ouvrage comme cela est très instructif pour les Algériens, jeunes et vieux, car il fait connaître l'histoire réellement vécue par la société, et non les visions déformées qu'on en présente. ... Je ne sais dans quelle mesure la presse a parlé de votre livre en Algérie : il faudrait en effet quelques articles pour le faire connaître autant qu'il le mérite ».

-Réda Brixi, muséologue, anthropologue. Tlemcen : A travers le mode de vie de l'auteur, nous avons un tableau significatif d'une génération qui a servi avec foi et abnégation et qui a voulu façonner les esprits pour une Algérie nouvelle. Témoignage précieux...il se veut un continuum de la pensée et de la mémoire de ceux de nos illustres écrivains, de Mouloud Mammeri et de Mohammed Dib.

-Aïssa Kadri, directeur de l'Institut Maghreb-Europe, Paris : J'ai lu avec beaucoup de plaisir vos excellents ouvrages, écrits avec beaucoup de pudeur et d'émotion. Ils témoignent de la grandeur, de l'abnégation, de la conscience personnelle, des qualités morales de grand maître discret, dont le reflux après l'indépendance a laissé la voie à tous « les aventuriers ».

Il faudrait consulter aussi les préfaces des tomes 1, 2 et 3 rédigées successivement par :

- G. GRANDGUILLAUME, Djilali SARI, CHEIKH Bouamrane, président du Haut Conseil Islamique.

Ajouter d'autres articles de revues et de journaux non mentionnés ici, ainsi qu'un livre de Djilali. SARI, qui vient de paraître sous le titre de : « L'émergence de l'intelligentsia algérienne de 1850 à 1950) où un chapitre est consacré à MB DJEBBARI.

6-

Prof. Michel Terrasse Directeur de recherche à la Sorbonne Paris (1)

(1) J'ai connu et lié amitié avec le professeur Michel Terrasse au cours d'une rencontre internationale à Tlemcen. J'ai connu son père à Rabot, auteur d'une «Histoire du Maroc» en deux tomes. (Editions Atlantides. Casablanca, 1954)

7-

Voici encore un commentaire récent de Saidj Rachid : ancien élève de l'Ecole Normale de Bouzaréa, ingénieur chimiste résidant à Draria, «qui aime les arts, le beau et porté sur la littérature », installé actuellement à Draria (Alger). Son email est intitulé : Et la lumière fut (Samedi 7 Juin 2008)

Monsieur Djebbari,

Je viens de lire le tome 1 de votre livre « un parcours rude mais bien rempli ». Que d'enseignements, de connaissances sur notre société passée et présente. Votre façon de narrer et de décrire notre société dans les moindres petits détails nous projette sur le vécu de votre récit.

Je dirai si vous le permettez que vous êtes un historien des temps modernes. Vos écrits m'ont permis de connaître un peu plus l'histoire et la sociologie de notre grand pays le Maghreb sans ses barrières frontalières.

En vous lisant, je me suis rappelé d'un extrait de texte tiré du livre de Mostefa LACHERAF : « des noms et des lieux» éditions Casbah 2003 dans son prologue où il est dit ceci: « Chacun de nous dans le domaine de l'histoire se situe, dès le jeune âge et en fonction d'une curiosité brute ou affinée concernant son pays, au niveau d'une catégorie disciplinaire peut-être fortement personnalisée selon ses goûts et ses penchants pour telle ou telle enquête socioculturelle mais répondant quand même à un besoin qui ira en se motivant. Autrement dit, dans ce voyage au long cours qui précède parfois la vocation affirmée de l'historien ou du simple chercheur en sciences humaines, il y a le sens aigu de l'observation (quand il existe et qu'il est modelé par le travail et l'analyse des faits), la mémorisation appliquée aux évènements les infimes contenus dans les vieilles chroniques écrites et orales, les récits et témoignages transmis d'un groupe d'âge à un autre, au sein de la même communauté, sans aucune espèce d'attitude volontariste étrangère au tempérament commun chez eux ou familier à leurs compatriotes».

Aussi, à travers votre autobiographie c'est tout un pan de notre histoire qui resurgit : « il n'y a pas une histoire, un métier d'historien, mais des métiers, des histoires, une somme de curiosités, de points de vue, de possibilités, somme à laquelle demain, d'autres points de vue, de possibilités, s'ajouteront encore » (Fern. Braudel, Ecrits sur l'histoire, Ed. Flammarion, p.97)

Site internet : « Dz Littérature » (1)

Mémoires d'un enseignant de la vieille génération - Auto-Édition, Alger, 2002 (OPU Oran, nov.1999) (2)

Horizons 14 décembre 2004 : «Un parcours rude mais bien rempli»

Mohamed Benamar Djebbari vient de publier aux éditions ANEP ( OPU plus tôt) le premier tome de ses mémoires qu'il situe de la date de sa naissance le 20 janvier 1918 à l'année 1940. Natif de la ville de Nédroma, il évoque les souvenirs de son enfance et raconte l'histoire de l'Algérie de cette époque.

Mohamed Benamar Djebbari a été instituteur. Il a été formé dans la prestigieuse Ecole normale de Bouzaréa qui a été l'établissement de Mouloud Feraoun et de bien d'autres personnalités illustres de la culture algérienne.

A ce titre, son écriture est sublime, comportant une âme et l'amour et la passion du détail et de la précision. Ses descriptions sont exceptionnelles et l'amateur ou le chercheur est comblé par la profusion des événements vécus et peints avec une adresse et une habileté hors du commun.

D'ailleurs, Mohamed Benamar Djebbari, comme il le précise dans sa préface, écrit pour la postérité.

"C'est à la demande de beaucoup de mes anciens élèves et amis devenus souvent des personnalités notoires, mais toujours respectueux et reconnaissants, que j'entreprends ce travail long et fastidieux, mais qui, en fin de compte, peut présenter quelque intérêt". Il poursuit dans cette même préface : « Ce sera aussi un témoignage qui se veut sincère et objectif d'un Algérien qui, depuis son enfance et durant une longue carrière d'enseignant et éducateur, a été un militant anonyme mais actif et désintéressé de la cause nationale et de la construction correcte du pays" et Mohamed Benamar de préciser : « Ce travail sera enfin une modeste contribution à éclairer le présent par le passé afin que l'avenir soit nettement meilleur, s'il plaît à Dieu, pour les générations futures".

Le professeur Gilbert Grandguillaume qui a présenté ce livre félicite l'auteur pour son entreprise vaillante.

Mohamed Benamar Djebbari a été captivé par la foule de détails, extrêmement bien écrits sur l'histoire de la ville de Nédroma. Il donne avec une précision inouïe, les noms exacts des personnes et des lieux, ne négligeant aucun et donnant l'importance à tous. Son évocation se lit comme un roman avec sa problématique et son fil conducteur sauf que les évènements, les lieux et les personnages ne sont pas le fruit d'une imagination fertile

8-

mais bien réelle et faisant partis de faits vécus et établis. Le livre est ainsi émaillé de chapitres avec des sous-titres qui suscitent l'attention et l'intérêt du lecteur.

Ces chapitres s'intitulent, l'enfance dans le monde d'autrefois avec des titres sur le grand marché du jeudi ou le voyage en diligence en 1927, les études à Alger, Bouzaréa sous la menace d'un deuxième cataclysme mondial et aussi les études primaires sous la direction d'un éducateur exceptionnel. Le livre compte des illustrations d'époque qui retracent et font renaitre ces faits et ces évènements d'un âge marquant dans l'histoire de notre pays.

Le livre se termine par un glossaire de mots qui appartiennent à la culture du profond terroir ainsi que l'accueil de ce livre par des personnalités intellectuelles de renom. L'ouvrage se termine donc l'année 1940 et les lecteurs maintenant imprégnés de cet esprit d'évocations et de souvenirs attendent la publication du tome deux que les éditions de l'ANEP (OPU et AGP d'Oran, nov. 2001) se font un devoir de mettre sous presse au plaisir de ces lecteurs (2). K.C.

Liberté 6 janvier 2003 : Un parcours bien rempli par Mahmoud SariEntamé en novembre 1999, le premier tome des Mémoires d'un enseignant de la vieille génération a suscité un engouement sans pareil auprès des lecteurs épris d'histoire sociologique.

Ce normalien de Bouzaréah, condisciple, entre autres personnalités, de M. Rahal Abdellatif, nous a gratifié de ses riches souvenirs d'enfance et de jeunesse d'entre les deux guerres mondiales, dans un environnement des plus traditionnels et des plus studieux à Nédroma, Tlemcen et Alger.

Deux ans plus tard, en novembre 2001, la seconde partie de ce Parcours rude mais bien rempli nous a fait découvrir, parallèlement à ses activités professionnelles d'avant-garde, son militantisme nationaliste, les prémices et le cours de la révolution algérienne au pays natal, en France et au Maroc.

Ces deux ouvrages, édités, hélas ! en 500 exemplaires seulement, ont été épuisés avant même la publication de la dernière tranche de cette trilogie.

Dans le troisième volume paru récemment depuis la mi-novembre 2002, imprimé lui aussi en 500 exemplaires, malgré d'énormes difficultés, MB Djebbari fait vivre intensément au lecteur les 40 ans de l'indépendance algérienne sur la base de sa féconde expérience vécue comme éducateur, animateur et homme d'art et de culture. Il se défend d'être un historien, cependant cela ne l'empêche nullement de relater fidèlement et objectivement certains faits sociopolitiques qui ont jalonné cette époque dans sa cité natale Nédroma, dans sa ville d'adoption Tlemcen, et dans son pays l'Algérie, et débordant parfois au niveau maghrébin et mondial.

La haute technicité de cet éducateur, converti par nécessité et aussi par amour du travail bien accompli en véritable entrepreneur, l'a conduit à initier et réaliser plusieurs ouvrages d'art, sans jamais demander "un seul sou" à l'Administration, dans les établissements scolaires qu'il a ouverts, réaménagés ou refaits à neuf. Il s'en est servi au contraire de supports pédagogiques pour l'éducation et la formation des élèves et des maîtres dont il avait la charge.

En lisant cet ouvrage, l'enseignant de l'actuelle génération s'imprégnera des méthodes avant-gardistes de l'école moderne ; il saura que l'éducation Freinet était une ouverture sur l'extérieur et une "prémice" à la mondialisation de la concorde et de la paix entre les peuples. À ce titre, les anciens élèves de M. Djebbari qui ont percé dans les sphères dirigeantes doivent tirer une légitime fierté de l'avoir eu pour maître. Sur un plan plus littéraire, l'auteur, tel un romancier chevronné, à l'écriture à la fois sobre et superbe, fait communiquer avec sensibilité les joies et les peines de sa vie personnelle et familiale à tel point qu'une fois le récit d'un événement entamé, le lecteur a hâte de connaître la suite des péripéties que le chef d'orchestre mène à leur épilogue avec maestria. Les témoignages et les échos qu'ont déclenchés les deux tomes précédents laissent augurer au présent ouvrage préfacé par une sommité intellectuelle, en l'occurrence le professeur Bouamrane Cheikh, président du Haut Conseil islamique, un accueil des plus attendus auprès du lectorat qui, en plus des illustrations inédites à caractère documentaire, pourra apprécier à sa juste valeur une partie de la production picturale de l'auteur.

Il ne nous reste plus à souhaiter que cette oeuvre soit reprise en langue arabe par M. Djebbari qui a le mérite d'être bilingue, sous la forme concentrée d'un reader's digest, afin de cibler un public beaucoup plus large.

Nous apprenons, en dernière minute, une heureuse initiative : les trois volumes entièrement revus et corrigés sont en cours de réédition par l'ANEP dans le cadre de l'année Al Djazaïr 2003 en France. M. S.

(1) l'ANEP malgré ses engagements n'a procédé à son édition qu'en nov.2004 (T.1), avril 2005 (T.2), nov. 2006 (T.3)

(2) Les sites internet qui contiennent des informations sur MB DJEBBARI sont entre autres:« bouzaréa.org »,«les Normaliens » ,«Dz Littérature», «MZAB : culture-patrimoine», «El Mouahidia», «Nédroma», «Gilbert Grandguillaume»

9-

Quatrième livre: deux articles de presse ont salué sa parution

1-C. Berriah, ( El Watan, édition du 19 12 06)« ...En dépit de son âge très avancé, MB DJEBBARI, continue de produire des œuvres littéraires à une cadence très régulière. Dans ce quatrième livre,... l'auteur nous conte avec un style décapant, l'histoire émouvante d'un jeune instituteur, appelé contre son gré à faire la guerre mondiale 1939-1945 et c'est dans cette ambiance mêlée de dégout, de colère, de résignation et d'humour aussi que le lecteur est promené d'un endroit à un autre, « s'incorporant » dans les misères et les servitudes du militaire indigène puis se «démobilisant» pour vivre et voyager dans les souvenirs saisissants du narrateur (période de Vichy, scoutisme, feux de camp, mariage, débarquement américain du 8 novembre 1942, reprise de la guerre, libération de la France, fin de la guerre).

2- Djelloul Belbachir (le Quotidien d'Oran, édition du 7 01 07)

Autres marques d'intérêt pour l'œuvre de MB DJEBBARI Emissions radiophoniques La radio régionale de Tlemcen a consacré à chaque tome, trois séances dans son émission culturelle hebdomadaire, animée alors par Kerroum Boumédiène actuellement docteur, à la tête du département lettres arabes à l'Université ABB Belkaïd de Tlemcen. Il était assisté de MM Sari Mahmoud et Chelloufi Ahmed, hommes de culture bien connus localement. Les mêmes séances ont été parallèlement émises en français par la chaine 3, sous l'impulsion de Ghomari Ammar avec les mêmes assistants, renforcés par Mcherbet Ali, docteur en sciences de l'éducation.

10-

Mêmes D'autres émissions en trois séances ayant pour thème « le livre et son auteur » ont suivi et se répètent périodiquement, en particulier celles de Abdelbaki et de Hayat. Le premier a tenu une réunion au domicile de l'auteur, à laquelle ont pris part les personnalités suivantes : Rahmoun Noureddine Hamza Cherif Abdelaziz, Benosmane Hami, et ma fille Mme Halfaoui AminaEmissions de la télévision « Canal Algérie », parlant français, s'est chargée jusqu' à ce jour de trois émissions très appréciées, écoutées dans le monde entier grâce au satellite.

La première date de juillet 2004 à l'occasion du colloque international sur Nédroma tenu au palais de la culture à Alger sous l'égide de l'association « El Mouahidia ». L'émission animée par Méziani eut lieu en soirée à la villa Pouillon avec la collaboration de MB Djebbari, G. Grandguillaume, Dj. Sari, Anissa Barkat. L'orchestre de musique andalouse et beaucoup d'invités d'El Mouahidia, en tenue traditionnelle rehaussaient la soirée où l'intervention de MB Djebbari a été fort remarquée .La deuxième, sous le nom « El Kaâda », date de vendredi 21 mars 2008. Elle a été émise en direct de Tlemcen, à partir du magnifique patio couvert de la bibliothèque centrale de l'Université ABB B. Elle a été préparée et présentée avec brio et compétence par l'algéroise Linda Elle concernait le patrimoine matériel et immatériel de la wilaya de Tlemcen. Les orchestres de Ghaffour Hadj Mohammed et Koufi Nouri y étaient invités en même temps que de nombreuses personnalités, homes et femmes universitaires et représentants les traditions culturelles, artistiques, artisanales vestimentaires et culinaires de la ville. MB Djebbari y participait, et a été sollicité à intervenir, à la fois comme Nédromi et Tlemcénien. Cette émission d'une durée de plus de deux heures a été répétée dans la même nuit.

Une troisième séance a été reprise en différé en deux fois, trois mois après environ. Présentations et ventes dédicaces des livres.

1- par le syndicat d'initiative et du tourisme, dans son local à Tlemcen sous la présidence du Dr Baba Ahmed le 20/01/2000.

pour le tome1

-par la librairie de l'OPU, place Audin à Alger le 21 mai 2000 en présence de Djilali Sari et Ghomari Khaled (Directeur commercial d'Air Algérie et ancien élève).

-par l'Association El Mouahidia à Nédroma le 17 04 2001

-par le cercle « Les jeunes Algériens » à Tlemcen,

pour le tome 2, le 17 01 02

-par l'association «Les amis de Tlemcen» (tome1 et 2) au siège de l'UNESCO à Paris en décembre 2001.Hommages rendus à MB DJEBBARI pour ses livres

-par l'Association « El Mouahidia le 17/04/2000.à Nédroma, à l'occasion du Youm el Ilm.

-par l'Université ABB Belkaïd le 22 09 02, au cours d'un colloque international en sciences de l'éducation tenu à Tlemcen à la Bibliothèque centrale.

Utilisation importante des livres

- par la Faculté des lettres et sciences humaines et sociales ainsi que par la Bibliothèque centrale de l'Université, qui ont mis à la disposition des étudiants et des chercheurs pour préparer mémoires, magisters et doctorats en histoire, sciences sociales et sciences de l'éducation.

- par les établissements secondaires et moyens, la maison de la culture, la FOCET qui ont acquis des séries de livres pour leurs bibliothèques ou pour les offrir comme récompenses à leurs meilleurs élèves.

Le mot de la fin et de la faim

MB DEBBARI a donc beaucoup fait et donné dans tous les domaines pour son pays, pour ses élèves, pour ses enfants. Il laisse un patrimoine culturel et moral précieux à leur disposition. Par contre, il n'a rien demandé à quiconque ou obtenue quoi que ce soit, matériellement s'entend, de personne, ni avantage, ni profit quelconque, même pas ceux qui lui reviennent de droit en tant que citoyen, enseignant et militant nationaliste de première heure, ayant contribué grandement et souffert durement pour la libération du pays. Il en a été frustré, victime de sa droiture et de sa bonne foi. Les seuls biens en nature ou en espèce qu'il possède, sont ceux qu'il a obtenu par son travail et ses propres moyens, se réduisant à une maison construite «à partir de zéro» et achevée à 30 ans, en plein régime colonial. Il ne doit rien donc, à personne, il vit la tête haute de sa retraite dérisoire d'enseignant, riche et heureux, uniquement de tous les hommes valeureux qu'il a formés, de la reconnaissance et de la considération affectueuse qu'ils lui témoignent tous, non sans fierté, eux aussi.
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# Posté le mercredi 07 octobre 2009 08:57

prochaine parution d un nouveau livre

J'annonce une bonne vouvelle pour les lecteurs de DJEBBARI Mohammed ,que un LIVRE tres interessant ,est en voie d'achevement,intitule "NEDROMA PETITE VILLE ET GRAND HOMMES " un livre qui decris toutes les grandes pêrsonnalites ,que ce petit village du fillaoucen a enfanter depuis ABDELMOUMEN BEN ALI j'usqu'a nos jours
ainsi il contribu a memoriser le passe de notre ville et celui de notre pays ,vu son age avance et sa condition de mal voyant
il reste toujours actif et prolifique ,sa memoire est toujours intacte
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# Posté le mercredi 07 octobre 2009 09:12

Quatrième Colloque National sur l'histoire de NEDROMIA et sa Région

  Quatrième Colloque National sur l’histoire de NEDROMIA et sa Région
Les saints de Nédroma à travers les Mémoires d'un enseignant de la vieille génération


Par DJEBBARI Mohammed Bénamar



Nédroma















Quatrième Colloque National sur l'histoire de NEDROMIA et sa Région




Palais de la Culture d'Alger (26, 27, 28 mars 2003)

Communication présentée par M.B. D.JEBBARI




Les Saints de Nédroma à travers les «Mémoires d'un enseignant d la vieille génération» Le culte populaire, naïf et fervent qui leur était réservé dans le passé. Leur intérêt historique et la nécessité de sauvegarder ce qu'il en reste.





Cet exposé sera articulé de la façon suivante:

1° péambule

2° Les saints ou marabouts situés en ville ou dans ses environs immédiats, parmi les plus connus de la population.

3° Sidi Ahmed-el-Bedjaï

4° Sidi Abderrahmane-el- Yacoubi

5° Sidi Ahmed ben Lahcène el-Ghomari

6° Les Cheikhs de zaouya

7° Un culte populaire, naïf et fervent

8° Ce qui reste des saints personnages à Nedrorma et nécessite de sa sauvegarde.



1° Préambule:

Un saint, selon l'acception générale est une personnalité qui vit selon la loi de Dieu qui observe ses commandements et qui incite les autres à les observer par son exemple et par ses exhortation «ولي من أولياء الله الصالحين » Remarquons qu'il peut être vivant ou mort et les croyants populaires musulmanes sanctifient davantage les morts que les vivants.

C'est dans le premier tome qu'une grande partie du premier chapitre intitulée: «Nédroma, vieille cité musulmane» que j'ai traité des saints personnages de cette ville. Je me suis servi pour le faire de ce que j'en connaissais moi-même depuis ma prime enfance et d'une étude qui en a été faite depuis l'année 1900, par René Basset, directeur de l'Ecule supérieure des Lettres d'Alger, ainsi que d'autres documents relatifs au maraboutisme dans le Maghreb.

René Basset a été chargé d'une mission à Nedroma, « commune mixte », administrée alors par son frère Georges Basset. La Commune mixte comprenait sept douars: Nédroma, Djebala, Souahlia, Beni Menir, Beni Mishel, Beni Abed et Beni Khallad. L'étude qu'il a réalisée, englobait donc une vaste région et ne concernait pas seulement la ville de Nédroma. Elle a été intitulée «Nédroma et les Traras» et a été éditée en 1901, par Ernest Leroux à Paris. C'est une étude à la fois historique, archéologique et surtout hagiographique que l'on peut consulter actuellement à la «Société d'Archéologie et de Géographie d'Oran» ou à la Bibliothèque nationale d'Alger.

René Basset a constaté que le culte des saints était particulièrement développé dans la région des Tratas. Il en a mentionné un grand nombre existant dans les mosquées, les qoubas, les marabouts entourés d'une enceinte de pierres et garnis d'un toit et les simples haouitas, superposition de pierres, en forme de fer a cheval. Il a tenté aussi de les classer d'après leur provenance: ceux qui sont originaires du pays. Ceux qui viennent du Gharb, ceux qui viennent d'autres régions algériennes, particulièrement l'Eghris et le Sahara et ceux en petits nombre venant d'Orient dont la sainteté est universellement vénérée, comme Sidi Abdelkader el – Djilani. Il a recueilli des renseignements sur place auprès des habitants de la ville et de la région et les indications qu'il nous en donne lui-même sont souvent brèves et insuffisantes à l'exception de celles puisées dans !es livres des écrivains arabes.



2° Les saints ou marabouts situés en ville et dans ses environs immédiats, parmi les plus connus de la population:

Lalla Zahra Chérifa est, d'après cet auteur, une sainte originaire du Gharb. Elle serait venue au temps d'Idriss premier et elle aurait vécu au temps de Sidi Soltane et de Sidi Ahmed El Bedjaï.

La mosquée de Sidi Soltane dont il ne reste que les traces du mihrab est située à la Casba non loin de Lalla zahra Chérifa, Sidi Soltane serait venu d'Egypte et selon dautres sources orales ce serai d'un descendant de Sidi Bilal le noir abyssin, premier moueddine au temps du prophète.

Sidi Belghit serait venu du Maroc avec Abdelmoumen ben Ali

Le mausolée de Sidi Bouali serait plus ancien que la grande mosquée. René Basset y relevé deux inscriptions sur les tombes dont celle du Cheikh El Masoud, fils du Cheikh El Hebri et celle du Cheikh El Hamel, fils du Cheikh Ahmed El Hebri.

Sidi Hocine à Benizid serait originaire des Beni-Znassen.

La qouba de Sidi Abderrahmane Ech-Chérif sur la route de Maghnia est de construction très ancienne parait-il.

Dans la qouba Rouadhi près du marché sont enterrés deux chérifs Mehayas venus du Maroc.

La pépinière communale (aujourd'hui disparue et remplacée par les constructions de l'école de garçons et du Commissariat) renfermerait la tombe de Djaber ben Youssef, un abdelwadite tué en assiégeant la ville indépendante, en 629 hég, (1231-1232 J.c.) par une flèche à l'endroit où s'élève aujourd'hui sa haouïta. On y allait souvent prier et brû1er de l'encens.

La haouïta de Sidi Chebili, non loin de Sidi Yahia, abriterait la tombe d'un saint, comme son nom l'indique et qui n'a pas été précisé René Basset, est originaire de Chebilia (Séville) en Andalousie. Il aurait été le maître de Sidi Yahia Ez'zaïouf.

Une autre haouïta, celle de Sidi El Mechhor, à l'est du quartier dit européen, en bordure de la route de Ghazaouet, était un lieu de visites fréquentes, surtout de la part des écoliers qui allaient déposer et allumer des bougies au moment des examens. Est-ce parce qu'il est situé non loin de la nouvelle école de garçons?

Selon René Basset, il existerait deux qoubas de Sidi Yahia, L'une située près de la pépinière « surmontée de cinq coupoles », renfermerait le marabout Sidi Yahia Ibn Yaoufin, originaire du Maroc et venu à Nédroma au VIe siècle de l'hégire. Une autre qouba est mentionnée, comme étant celle de Sidi Yahia Ez'zaïouf venu d'Egypte. De cette qouba, bâtie selon le même auteur parle -------- d'Oran Mohammed El Kébir, il n'y a pas de traces. Ne s'agit-il pas simplement de la première qui possède effectivement encore cinq coupoles et que la population attribue au seul Sidi yahia Ez'zaïouf, venu à Nédroma au Ve siècle de l'hégire. Le mausolée aux cinq coupoles aurait été érigé par une femme de Marrakech et le saint serait originaire de la Séguiat El Hamra, (Sahara occidenta1).

Il faut citer enfin parmi les marabous, objets de pèlerinages fréquents situés aux envions de Nédroma et non indiqués par René Basset:

Sidi Brahim, à une dizaine de km, dans le douar Souahlia,

Sidi Moussa sur la route de Tlemcen à Ouled Hasna (Douar des Béni – Mis'hel) et enfin Sidi belkheïr dans la même région. Sidi Moussa serait d'après les croyances populaires, le fils de Sidi Brahim.

3° Sidi Ahmed-el-Bedjaï

Ce saint est chargé d'histoire et auréolé de légendes. Le nom qu'il porte, indique qu'il est originaire de Bougie où Abdemoumen ben Ali l'aurait connu, lors de sa rencontre avec Ibn Toumert et de l'enseignement qu'il reçut de ce dernier, dans la même ville. Une légende répandue dans la population est considérée comme vraie par Si Hamza ben Rahal dans son « Histoire de Nédroma ».

Elle serait rapportée par En Naciri d'après le Raoudh El Qirtas.

Cette légende raconte qu'un projet d'assassinat de Abdelmoumen fut conçu par des soldats almohades fatigués d'un long séjour dans l'Est, loin de leur pays des Masmoudas dans les montagnes marocaines et qui, de surcroît, supportaient mal l'origine Kournie de Abdelmoumen. Un groupe d'entre eux décida de l'assassiner en le surprenant dans sa tente pendant son sommeil. Un des fidèles compagnons de l'empereur, qui n'était autre que Sidi Ahmed El Bedjaï, au courant du complot vint le prévenir en le suppliant de le laisser prendre place dans sa tente et d'occuper son lit durant la nuit, il y trouva la mort en martyr et Abdelmoumen put ainsi découvrir les comploteurs et les fit durement châtier le corps de la Victime fut chargé sur une chamelle (ou une mule) qu'on laissa prendre librement son chemin, suivie par le restant des conspirateurs solidement enchaînés. La chamelle finalement s'agenouilla d'elle-même. Abdelmoumen fit décharger le cadavre et creuser une tombe à l'endroit même où l'animal s'agenouilla. Le saint personnage y fut enterré et sa sépulture fut abritée d'une coupole, près de laquelle une mosquée fut édifiée. C'était sur le territoire même de la tribu d'origine d' Abdelmoumen à l'emplacement d'une ancienne ville qui fut agrandie fortifiée et qui prit le nom de Nédroma.

Cheikh Kaddour ben Achour se rendait souvent au mausolée de Sidi Ahmed El Bedjaï et y passait même la nuit. C'est à partir d'un « goumbri » trouvé là, qu'il s'initia et prit goût à la musique. C'est aussi auprès de sa tombe qu'il découvrit sa vocation au mysticisme et qu'il composa son fameux poème: « la tête de mort». Une tradition, longtemps observée par les Nédromis est celle qui faisait partir tout nouveau marié et son cortège nuptial ou « tria » de la qouba de ce saint. (Voir tome 1, p. 50).

Sidi Ahmed El Bedjaï demeure l'objet d'une grande vénération de la part de la population de Nédroma. La qouba situé à l'entrée du cimetière est environné d'un palmier et d'un olivier séculaire. La tombe ne porte aucune indication mais non loin du sarcophage, une pierre tombale ------------------------ l'inscription suivante:

1- Ceci est le tombeau

2- Du jeune El Hadj

3- Mohamed ben Omar El Fassi

4- Il mourut de la peste en l'an

5- 1235

Dans la même enceinte s'élève une autre qouba où l'on trouve le tombeau de Sidi Abdelah ben Abderrahmane El-Yaqoubi qui selon l'inscription qui figure sur la tombe mourut aussi de la peste en 1689 (J.C.) Ce personnage serait un descendant du célèbre Sidi Abderrahmane EI- Yaqoubi.



4° Sidi Abderrahmane-el- Y acoubi

Sidi Abderrahmane ben Abdellah ben Abderrahmane EI- Yaqoubi naquit au Ixe siècle de l'hégire. Il fut élevé à la Zaouïet El-Mira où il apprit le Coran, puis il alla étudier à Nédroma et Bieder (Msirda). Il s'établit ensuite à Tlemcen où il resta jusqu'à la conquête de cette ville par les Espagnols commandés par le Comte d'Alcandété (06-02-1543)

Il alla à Ouardefour (Maghnia), et tenta de former une ligue contre les Chrétiens. Il réunit alors les cheikhs des Angads, des Beni-Senous, des Traras et des Madgharas. Un acte d'union dont la copie figure vers la fin de l'ouvrage de René Basset, a été rédigé en 955 H. (1548-1549 J.C.) par Mohammed E1-0kbani. Il fut signé par des personnages importants comme Sidi Ahmed El-Okbani, Sidi Mohammed ben Merzouk représentant la population de Tlemcen, et par un grand nombre de Cheikhs de la région dont Abou Saïd Ech-Chérif, Sidi Ali ben Zernra. Cette ligue ne paraît pas avoir donné de résultats, cependant les turcs s'emparèrent de Tlemcen et Sidi Abderahmane El-Yaqoubi, mécontent de leur domination, alla séjourner au Maroc.

On lui attribue plusieurs miracles. Un jour qu'il se rendait à Sebra, un arbre le salua. Une autre fois se trouvant chez les Trara pour y établir la paix, l'un d'eux n'en voulut pas. Le saint s'écria alors « Que Dieu t'applique le feu» Aussitôt le Trari récalcitrant fut couvert de brûlures et mourût. Une autre fois, comme il quittait les Ouled ben Talha en proie à la discorde, il arriva à la Tafna grossie par les pluies. Les eaux s'arrêtèrent de couler pour le laisser passer.

Les descendants de Sidi Abderrahmane suivirent sa Tarika. Les Chorfa du Maroc ne cessèrent de se montrer favorables aux chefs de cette famille. Ils leur adresseront des lettres de recommandation durant leurs règnes successifs jusqu'à une période récente. L'Emir Abdelkader lui – même adressa une lettre de recommandation aux marabouts de la Zaouia, (fin juillet 1831) milieu de Safar 1247 H. Ces lettre longtemps conservées dans la Zaouïa ont fini par disparaître, gâtées par l'humidité, l'usure et le temps.

La qouba de Sidi Abderrahmane El-Yaqoubi se trouve dans un village distant de quatre kilomètres de Nédroma appelé justement Zaouïa El yacoubi ou d'autres de ses descendants sont enterrés ou habitent encore. Devant la qouba est un olivier plusieurs fois centenaire et peut être contemporain du marabout.



5° Sidi Ahmed ben Lahcène el-Ghomari

Voilà un saint réputé, nédromi authentique, mais dont le tombeau se trouve à Tlemcen. C'est dans le chapitre III du deuxième tome (voir p p 107 à 109) qu'il est cité. Voici ce qu'en dit Mohammed ben Ahmed Baghli, personnalité bien connue à Tlemcen par son érudition et son Savoir de faire mieux connaître le riche patrimoine archéologique, religieux el culturel de Tlemcen et de la région:

« Originaire de Nédroma, il a habite et vécu à Tlemcen, s'adonnant dans cette ville à ----------------- et à l'adoration de Dieu. Il a eu comme disciple le cheikh Ahmed Zerrouk C'était un homme bien et on raconte de lui des choses extraordinaires. Il se consacrait chaque nuit à la récitation vingt hizbs du Coran. On lui reconnaît des actions de générosité à la grande mosquée, à la mosquée de Sidi El Haloui, à la mosquée El Kharratine, à la moquée El Halfaouine. Il présidait aux prières du vendredi à Hennaya, Nédroma, Honaine ou d'autres villes au voisinage de Tlemcen, il a résidait certain temps à Nédroma où il a accompli des actions généreuses et de bienfaisance.

Il est décédé à la grande mosquée de Tlemcen à l'aube du 12 choual de l'année 874 l'hégire, correspondant au 13 avril 1470 de l'ère chrétienne. Les vers suivants étaient gravés sur p1anche en bois, au-dessus de la porte d'entrée de sa cellule.

سطعت فضائل دالمقام كمثل ما

سطع الصباح أو استنار الفرقد

فإذا اعترتك ملمة فداواؤها

شمس السيادة والمعارف أحمد
Les mérites de ce lieu ont brillé d'un éclat pareil à celui

Du matin et comme s'illumine l'étoile polaire.

Si un malheur vous met à nu, son remède

Est le soleil de la souveraineté et du savoir, Ahmed

Ibn Meriem en a écrit ceci

من أكبر أولياء الله تعالى المتولعين لعبادته

وتلاوة آياته في أناء الليل وأطرف النهار

مع الصبر على ملازمة الخلويات

وترك جميع الشهوات

« Un des grands amis de Dieu, le Très Haut qui se sont passionnés à son adoration, à la récitation de ses paroles jusqu'aux heures extrêmes de la nuit et du jour, supportant avec patience la vie de cellule et la rupture avec tous les plaisirs (de ce bas monde) »



« On ne connaît, en effet, à Tlemcen, la rue Sidi Ahmed ben Lahcen ? C'est une vieille qui subsiste du Tlemcen du Moyen âge, qui fait partie de la grande mosquée, datant de la péri almoravide », comme celle de Nédroma et celle d'Alger délicieuse rue... souvenir du glorieux Tlemcen qui tant de fois a tenté la palette du peintre, conquis et subjugué (1). Là, repose ----------- des siècles Sidi Ahmed ben Lahcen El Ghomari dans son mausolée, toujours vénéré et visité de petit peuple des humbles et des croyants qui viennent lui demander aide, secours et solution à leurs maux et à leurs difficultés.

(1) d'après un texte de Djelloul BENK.ALFA TE ancien instituteur à Tlemcen.



6° Les Cheikhs de Zaouyas

Nédroma, cité religieuse de premier ordre, par la multitude de ses mosquées. De ses saint, de ses marabouts, l'était tout autant par le nombre, le renom et la prospérité de ses zaouyas. XIV° et XV° siècle (J. C.), le soufisme n'a cessé de croître au Maghreb Le mouvement --------------------- mystique aboutira au culte des saints et aux chefs fondateurs de zaouyas, à qui on ne tarde pas d'attribuer des pouvoirs surnaturels, vivants ou morts. Le soufisme en s'étendant dégénère maraboutisme. Vers la fin de la période mérinide, apparaît au Maroc le chérifisme. Les chefs confréries tiennent à s'attribuer une descendance du prophète. Le mouvement maraboutique et mouvement chérifien se confondent. Les confréries deviennent la forme la plus générale et la plus populaire de l'1slam maghrébin. Elles forment par dessus les divisions tribales, sans infidélité à doctrine et à la pratique de l'1slam, une religion plus humaine, plus proche de la vie et du besoin dévotion populaires.

La guerre sainte contre les chrétiens et la résistance aux mécréants. Portugais et Espagnols eux mêmes animés d'un esprit de croisade fut dirigée par les marabouts et les chefs de tribus qui fortifia leur prestige et contribua à les rendre plus populaires.

Les confréries et zaouyas qui faisaient preuve d'une grande vitalité à Nédroma, étaient suivantes:

Al Kadiria, du nom de Cheikh Abdelkader El Djilani de Baghdad, Al Ayssaouia, dont patron est Sidi Mohammed Benaïssa de Meknes. Al Ziyania du nom de Sidi Mohamed Abderrahmane de Kenadza près de Bechar. Assoulaymania, du nom de Cheikh Mohammed El Slimane et branche de la grande confrérie des Darqaouas de Mostaganem, Al Habria, du nom de Cheikh Sidi Mohammed El Hébri enterré à Driwa (Beni-Znassen au Maroc), Attaybia, l'une des plus importantes de la région. Elle tire son nom de Moulay Ettayeb de Ouazane (Maroc).



7° Un culte populaire naïf et fervent

Les lieux saints, les marabouts, les confréries et zaouyas favorisaient d'autres croyances et d'autres pratiques non orthodoxes mais qui n'étaient pas moins sincères et ferventes et qu'on ne considérait, nullement comme interdites et ponant atteinte à l'unicité de Dieu.

Les qoubas, les haouïtas qui abritaient les saints personnages, parfois de simples enclos un amas de pierres, une source, un arbre donnaient lieu a des visites et à des ziaras fréquentes et étaient les objets d'une adoration naïve et intense parce qu'on leur attribuait un pouvoir surnaturel.

Un effluve sacré et bienfaisant, la baraka émanait de ces saints vivants ou de leur tombeaux lorsqu'ils sont morts, ainsi que de tous les objets avec lesquels ils sont en contact.

Chacun d'eux avait sa propre baraka. Il suffisait d'aller s'asseoir auprès de sa tombe, de le prier de vous venir en aide, de s'enduire le visage ou la partie malade du corps d'un peu de terre qui le recouvrerait pour guérir et être soulagé de certaines maladies ou de conjurer un mauvais sort.

Sidi Moussa guérissait les malades mentaux qui devaient s'allonger et dormir un bon moment auprès de sa sépulture à l'intérieur de sa qouba. Le samedi était consacré à son pèlerinage.

Sidi Belkheïr, était un généraliste. On lui rendait visite à n'importe quel jour habituellement, l'après-midi, au printemps et en été. C'était l'occasion d'une sortie en plein en famille ou avec des amis pour prendre un goûter aux maharrachs accompagnés de thé à la menthe.

Les femmes stériles s'adressaient à Sidi Brahim, au cours de randonnées à dos de bête ou en diligence. On sacrifiait un poulet sur la tombe du marabout, parfois un agneau ou un caprin. Un couscous préparé sur place était offert aux tolba et aux pauvres du lieu. On s'en régalait aussi soi même.



8° Ce qui reste des saints personnages à Nédroma et de sa sauvegarde

L'association des Oulémas d'Algérie et le mouvement réformiste s'implantent à Nedroma dès 1946. Une période d'extrême tension (voir tome 2, Chapitre IV, p 183 à 197), est marqué la lutte contre l'ignorance, l'obscurantisme et les superstitions répandues par les, marabouts, sont alliés à l'administration colonialiste. Un nouvel esprit et des croyances plus rationalistes triomphe à Nédroma à partir de 1952. Les confréries perdent beaucoup de leurs adeptes durant la guerre de libération et un grand nombre d'entre elles finissent par disparaître à l'indépendance.

Actuellement, deux zaouyas seulement, celles des Ayssaoua surtout et celle des ------------ font preuve d'une certaine vitalité. Les mausolées et les enceintes en pierre abritant des saints par les plus célèbres ont disparu ou tombent en ruine. Lalla Zahra Chérifa qui veillait sur l'un des quelques bordjs qui défendaient la ville n'existe plus. Il en est de même de Sidi EI-Méchhor, ami des écoliers au moment des examens. Un chef de daïra pour des raisons d'urbanisme détruisit son tombeau ciel ouvert et entouré d'une murette en pierres, bravant ainsi les croyances populaires. Il ------------- cependant ses ossements et les enterra simplement au cimetière de la ville.

Sidi H'cine et le m'cid où j'ai fait mes études coraniques à Benizid est transformé indûment en maison d'habitation. La tombe et le mihrab de Sidi Soltane au voisinage des murailles de la Casba construite par Abdelmoumen BenAli ont été absorbés par une construction illicite. Le sort a été subi par la qouba Rouadi des Chérifs Méhayas, par la tombe de Djaber ben Youb l'abdelouadite et par la houita de Sidi Chebili, le savant sévillan. Les autres saints ont la ------------ d'être abrités dans une mosquée ou dans des mausolées servant aussi de lieux de culte. Il ajouter les changements profonds subis par !a population de Nédroma à l'indépendance qui entraîné une rupture avec le passé, aussi bien dans le domaine des traditions religieuses que dans celui de la vie quotidienne familiale et sociale.

Les noms de Sidi Soltane, Lalla Zahra Chérita, Sidi Bouali, Sidi Ahmed El-Bédjaï, Yahia, Sidi Abderrahmane, Sidi H'cine, Sidi Belghit, et de tous les autres, abrités dans les mosquées, les qoubas, les mausolées couverts ou qui sont simplement entourés de pierres et de houitas ont bercé la vie quotidienne des Nédromis depuis des siècles et continuent à la faire jusqu'à ce jour. Nédroma ne serait plus Nédroma, sans ses saints.

Les APC qui se succèdent depuis l'indépendance, ignorant tout du passé de la ville, sont en train de changer les noms traditionnels et millénaires des rues et des quartiers, souvent celui du Saint (Rue et quartier Sidi Boual. Rue et quartier Lalla Zahra Chérifa, rue Sidi Siège, etc) par nom inconnus.

Il appartient à l'Association EI-Mouahidia de susciter et d'encourager des recherches sur les saints personnages (ce qu'elle fait d'ailleurs et c'est tout à son honneur). Il lui appartient aussi de faire preuve de plus de vigilance afin de sauvegarder, puisque c'est sa raison d'être et son statutaire, «ce patrimoine historique et culturel de la ville de Nédrorna et sa région».
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 07:18

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 07:51

Sidna youchaa, Sidna Noun et Barbadjani

Sidna youchaa, Sidna Noun et Barbadjani


Sites historiques des environnants de Nédroma



Par l'antropologue Réda BRIXI





Université de Montréal CANADA









Sidna – Youchâa, sidna Noun et Barbadjani: sites historiques des environnements de Nedroma



L'oued Kiounal qui serpente à l'entrée de Sidna – Youchâa, descend des monts du Fillaoucen à travers shistes et marnes, baigne une belle plage de plus de 1200 metres de large, bordée de hautes falaises basaltique.

Nombreux sont les estivants et les habitués des lieux intéressés par l'histoire de Sidna – Youchâa, n'arrivent pas à la situer concretement dans l'enchevetrement historique depuis les phéniciens en passant par les Romains, les Berberes, les arabes et les Turcs.

La région côtière, effectivement fut soumise à une série d'occupation, de visite militaire stratégique de surveillance et de poursuite. Mais ce qui frappe le plus, c'est cette emprunte jadaïque du nom de Sidna – Youchâa.

Qui fut-il ? que représente t-il au juste dans la hiérarchie hébraïque ?

Un éclairage nuancé situra à mieux la part légendaire et la plausibilité historique .

En plein centre du vilage qui se trouve à peine 10 kilomètres à vol d'oiseau de Nedroma, une mosquée abritant la tombe d'un saint personnage du nom juif de Youchâa ou Ya'chwa, celui même de la Bible qui le traduit en « Josué ». il fut un grand personnage, un géant de l'histoire et aussi, dit la légende, un géant de la race humaine. (Sa soit disant tombe s'allongeait sur une dizaine de mètres). Après l'aménagement des mieux, la tombe fut réduite à des proportions acceptables. Un Fkih, surveillant bénévole considère le lieu comme sacré et que le tombeau est une appropriation purement -------------- , alors que les juifs des environs et de tous les pays le considère comme un important prophèt (Nabi Youchâa).

Les habitués de la mosquée, dépositaires des traditions locales en donnent la généalogie. Ce Josue, fils de Noun comme dans la bible, descendant de Fratin (Ephraïn) par Joseph, Jacob, Isaac et Ibrahim (Abraham).

Pour les gens du pays et des nombreux pélerins, Youchâa serait bien le successeur de Moïse et en le poursuivant, les Chananées, pour installer sur leurs terres le peuple Hébreu, il serait venu jusq'ici. Cela se serait passé, il a: 37 siécles et 35 ans assurait-on en 1972. En tenant compte des divergences entre les comptes lunaires et solaires, cela remonterait à peu près vers la période de l'exode. Voilà pour la légende.

Historiquement, il est certain que Josué n'est pas mort ni enterré à Sidna – Youchâa. « Josué, fils de Noun, serviteurde Dieu, meurt à l'âge de 120 ans, on l'ensevelit dans le domaine qu'il a reçu en partage à Tinnat – Serak dans la montagne d'Ephraïm, au Nord du Mont Gaash « (livre de Josué 24, 24). Il n'est pas non plus possible d'admettre que Sidi Noun du cap Noé soit le père du célèbre Youchâa. L'histoire se refuse également à accepter qu'à Tlemcen, le roi Salomon y séjourna durant un an.

Cependant, les Chananéens refoulés par les Hebreux tentèrent de s'implanter en Egypte et que repoussés de ce pays trop peuplé, ils se glissèrent plus à l'Ouest de l'Afrique.

Après la mort de Moïse, Josué, fils de Navé, fut mis à leur tête....... Dont E.F. Gautier le mentionne dans « le passé de l'Afrique du Nord » relatif au texte de Procope.

« En ce temps – là, toute la côte de Sidon jusqu'en Egypte s'appelait Phénicie...Lorsque les Phéniciens constatèrent que le général étranger était invincible, ils quittèrent leur partie, ils émigrèrent d'abord en Egypte.....De là en Afrique qu'ils occupèrent jusqu'aux deux colonnes d'Hercule.

Procope, cet historien grec, mort en 525ajoute: « Dans la ville de Tigisis[10], auprès d'une très belle fontaine on voit deux colonnes de pièrre blanche, qui portent une inscription phénicienne dont voici la traduction: c'est nous qui avons pris la fuite devant ce brigand de Josuah, fils de Navé » (ou Noun)

Avant cet auteur grec, dans l'œuvre du savant hébreu Moïse de Koren, vers 442 il est question de l'inscription mais près des deux colonnes d'Hercule.

Quant au deux colonnes de pierres blanches, E.F Gautier parle de stèles puniques.

Au 4 ième siècle, Saint Augustin, évêque d'Hippone (Annabe) dit: « Si vous demandez à nos paysans, ce qu'ils sont, ils vous répondront: nous sommes Chananéens ».

Il y eut au cours de l'Histoire des mirations juives ou sémite. A El Aricha, dans le Sud Oranais, encore en 1917, des Berbères se disaient descendants des Philistins, fils de Ham.

Autour de Touggourt, dans les Aurès, à Tamentit dans le Touat ou à Taroudant dans la vallée du Souss, il eut des centre importants d'Hébreux. Certains l'expliquent par des migrations commerciales ou politiques, d'autres par la sauvage répression romaine après le soulèvement juif qui entre autres, ensanglanta la Cyrénaïque vers l'an 118 de notre ère.

Par ailleurs, il est certain que des tribus berbères furent jadis profondément judaïsées au point de vue réligieux. Sans parler de la région des Béni – Snouss et de l'Aurès avec la fameuse Kahéna.

Dans la région de Sidna Youchâa, pour Ibn Khaldoun les Mediouina, qui au 14 siècle, vivaient enconre là, auraient été longtemps judaïsés.

A.G.P Martin parle d'une migration juive au Touat à l'époque des gétules. La trouvaille d'une « idole tamentinoise » en forme de poisson, dont la tête couronnée pense qu'elle traduit un culte voué à Josué, en considération de la diaspora juive en méditerranée.

D'où l'hypothèse d'A.G.P Martin, que la migration juive est Nord – Sud à partir des côtes. La toponymie côtière en référence à Josué et à Noun est un indice.

A 10 kilomètres de la Koubba de Josué, se trouve celle de Sidi Noun (Navé père de Josué). Noun traduit par Noé lors de l'établissement de la cartographie côtières française.

D'autre Koubba, Sidi Aïssa, près de l'Oued Safter, élargisse la parentale et confirme l'inspiration biblique des saints éponymes locaux. A ces noms est rattachée la mer qui fut le salut des émigrés. N.Marouf, presque que « Josué ne serait qu'une médiation symbolique entre les immigrés et la mer et le poisson de Tamentit ne serait qu'une médiation symbolique entre la communauté tamentinoise et le peuple de Josué »

Pour S.Gsell, il y aurait eu déjà entre phéniciens et Cananéens immigrés en Afrique du Nord, non seulement un fonds linguistique commun mais une origine quasi commune, puisque la tradition biblique rattache la phénicie à Canaan.

Sidna – Youchâa qui fut un lieu de halte maritime au temps des Phéniciens et des Carthaginois, alors que les navigateurs tiraient leurs barques sur le sable, ne fut jamais un port. Il fut question vers 1835, d'en aménager un, l'idée en fut rapidement abondonnée car la mer y est souvent violente et la baie est un abri nettement insuffisant.

Au mois de Mars 2003, l'Algérie indépendante pense édifier une port de pêche, projet retenu dans le cadre du développement régional.

Au bas du Djebel Mazil, dominant à l'Est la baie face au cap Tarsa, fut trouvé en mer, en 1933, un canon du VVII ième siècle.

Depuis une dizaine d'année, la mer a rejeté une immense ancré qui pèse quelques tonnes dont personne n'a pu situer son époque. Les spécialistes sont invités à clarifier sa provenance et son origine. Les estivants continuent à se dorer sur cette plage grouillante. En été jouant avec ses beaux galets un air de Raï, sans se soucier ni de l'origine du marabout et encore plus s'il est hébraïque ou musulman, ce qui compte c'est qu'il soit unificateur et tolérant, réel ou fictif.



Barbadjani



La plage de Barbadjani est bien connue aussi bien des Nedromis que des Tlemceniens. Site attirant à plus d'un tire, lieu touristique où les estivants viennent se délasser, pêcher et piqueniquer. La plage s'étale sur cinq cent mètres à l'ombre d'une grande falaise abrupte. A l'Ouest, elle est surplomber par la blancheur d'une Koubba où niche Sidna Noun, point saillant faisant partie du cap Noé. En face une autre falaise à pic, comme coupé d'un coup de sabre, couronne le site d'un charme particulier. La mer s'insinue au milieu de ces trois falaises débouchant sur une plage en demi cercle.l'endroit est agrémenté par la présence d'une source d'eau douce. Il suffit de creuser de ses propres mains une petite profondeur qui ne dépasse pas un mètre, de l'entourer de quelques pierres pour avoir son petit réservoir d'eau fraîche à deux métres de la vague salée. Ce n'est pas tout. La caractéristique de ce site c'est d'être une curieuse échancrure s'enfonçant à plus de cent métres en plein terre, une fente de la très haute falaise de calcaire liasique qui plonge abrupte, dans quinze métres de profondeur.

Cette grotte miraculeuse, très spacieuse, creusée dans la falaise, jouit d'une grande renomée. Les stériles de la région s'y rendent pour demander la fécondité et la bénédiction divine. Le spectacle est saisissant à la vue des femmes, la taille ceinte d'un foulard multicolore munie de peignes gravissant la pente argileuse et glissante à l'intérieur de la grotte. Là, elle démêlent leurs cheveux, se fardent de koheul comme pour plaire à de malins génies, invoquent Dieu et Sidna Noun pour que leur chair enfante un fils. En sortant elles accrochent pieusement leur foulard en guise d'ex – voto, à une stalagmite. Elles attendent un moment qu'une goutte d'eau suintant de la voûte rocheuse tombe sur leur tête découverte. Ce rite magique une fois accompli, les résultats ne se font pas attendre parait-il, comme quoi il n'y a que la foi qui sauve !

A cause des méandres de cette muraille de roches dures comme marbre, crique et plage sont à l'abri de toute vue à partir de la mer.

Ce qu'El Bakri au XIième siècle appelait « Marsat er Ribat », connu sous le vocable de Marsa Arobat à partir à partir du XV ième siècle, servit un moment de cache ou de point de guet aux corsaires ; certains souvenirsy montrent les Frères barberousses abritant là leurs felouques rapides pour bondir à l'improviste sur les galéasses espagnoles qui ne pouvaient soupçonner leur présence. Marsa Arobat est aussi considérée comme une escale Phénicienne possible, quoique sans trace archéologique.

Au XIX ième siècle le coin eut un autre nom tout pacifique, celui de Cala Barbadjani, car un vieux pêcheur italien de Nemrous (Ghazaouet) l'oncle Jean ou Jeani « Barba Jani »avait l'habitude d'y abriter son bateau.

Un peu plus à l'Est on découvre une petite échancrure dont les pentes ont recouvertes de vignes sauvages produisant un excellent raisin. Les marins de Nemours désignent ce lieu sous le nom de « Cala Uvas ».

La carte du service géographique de l'armée (Nemours feuille N 238) désigne cet endroit sous le nom de Marsa Arobat, « le port du ribat ». A quelques six cent mètres à l'Est de Barbadjani à l'intérieur en terre ferme se dresse le piton 328, la carte indique une bâtisse, « Dar nador », qui fut jardis un observatoire. La voix traditionnelle locale attribue au sultan noir les tours de guet de plusieurs sites dont celui de Honaïm, de Mersa arobat et de Dar Nador.

Le sultan noir du royaume des Mérinides qui avaient asiégé Tlemcen des Béni Zeiyan Abd – el – Wad et après sa victoire, vint à Sidna Youchâa pour remercier le marabout. Il est possible qu'Abou Hassan soit venu en personne car il porta un grand intérêt à tout le littoral, tant au point de vue militaire qu'au point de vue commercial. C'est à lui que l'on doit le beau minaret de la mosquée d'Honaïn dont le juriste tlemcenien saïd et Oqbani en fut le cadi. (Les derniers vestiges du minaret ne disparaîtront que vers 1930).

Le clapotis des vagues qui s'entrechoquent continuant à faire valser les divers noms de ce même lieu aussi bien sous le vocable de Barbadjani entremêlant d'autres ondes historiques sous le nom de Mersat Arobat, Cala Barbadjani, et Cala uvas.

Au déclin du jour, rien n'est plus beau qu'un coucher de soleil replendissant, illuminant une crique qui reflète les hautes falaises avec la douceur des eaux mirobolantes.....L'illusion est une bâtisse, « Dar Nador », qui fut jadis un observatoire. La voix traditionnelle locale attribue au sultan noir les tours de guet de plusieurs sites dont celui de Honaïn, de Taoount, de Mersa Arobat et de Dar Nador.

Le sultan noir du royaume des Mérinides qui avaient assiégé Tlemcen des Beni Zeiyan Abd-el-Wad et après sa victoire, vint à Sidna-Youchâa pour remercier le marabout. Il est possible qu'Abou Hassan soit venu en personne car il porta un grand intérêt à tout le littoral, tant au point de vue militaire qu'au point de vue commercial. C'est à lui que l'on doit le beau minaret de la mosquée d'Honaïn dont le juriste tlemcenien Saïd el Oqbani en fut cadi. (Les derniers vestiges du minaret ne disparaîtront que vers 1930).

Le clapotis des vagues qui s'entrechoquent continuant à faire valser les divers noms de ce même lieu aussi bien sous le vocable de Barbadjani entremêlant d'autres ondes historiques sous le nom de Mersat Arobat, Cala Barbadjani, et Cala uvas.

Au déclin du jour, rien n'est plus beau qu'un coucher de soleil replendissant, illuminant une crique qui reflète les hautes falaises avec la douceur des eaux mirobolantes...L'illusion est complète, légendes, histoire et réalités se jouent devant un décor de quelque opéra magique. Et l'on peut plonger dans la mer et en ressortir « les bras vernis d'eau », ------------

Réda Brixi

Muséologue, anthropologue

Université de Montréal











[1] il s'agit d'une commission constituée par le sénat le 16 mars 1891, présidée par Jules Ferry, pour étudier la politique suivie en Algérie : M.Ben Rahhal et le docteur Larbey furent les seuls musulmans invités à paris pour témoigner devant les sénateurs.

[2] Julien Rohrbacher, « monographie de nedroma » , inédit, bibliothèque du CHEAM, paris. Julien rohrbacher fut adminidtrateur à Nédroma de 1935-1940.

[3] C-H Ageron, les Algériens musulmans et la France ( 1871-1919), 2 tomes, paris, PUf, 1968, p.958.

[4] Ageron, op.cit. p 538.

[5] Ageron, op.cit p 340.

[6] Ageron, op.cit. p 958.

[7] Ageron, op.cit p 1029.

[8] Revue des questions diplomatiques et coloniales( 1er novembre 1901).

[9] Ageron, op.cit p 1030.

[10] Tigisis,ville identifiée située à environ cinquante kilomètres au sud – Est de Constantine, au lieu appelé Aïn El Borj.
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 07:21

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 08:20

Beihdja et son Ensemble et l'Alhambra de Grenade

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# Posté le mercredi 07 octobre 2009 08:27

Awtar Tilimsân et Madinat az-Zahra

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# Posté le mercredi 07 octobre 2009 08:31