Le parcours et l'oeuvre d'un éducateur, présentés succinctement ainsi que le patrimoine valeureux qu'il laisse en exemple
Mohammed Benamar DJEBBARI est né le 21 janvier 1918 à Nédroma, où il a fait ses études primaires à la fois chez le «fkih» et à l'école française. Il a fréquenté ensuite l'EPS de Tlemcen de 1932 à 1937. Il a été admis à l'Ecole Normale d'Instituteurs de Bouzaréa en juin 37, comme major de la promotion indigène comptant 30 élèves, au lieu de 20 habituellement sur environ 400 candidats algériens qui se sont présentés au concours d'entrée. Son séjour à Bouzaréa a été marqué par les événements suivants :
En première année, il a participé activement avec tous les normaliens présents (indigènes, européens et sectionnaires) à la grandiose célébration du cinquantenaire des ENIB dirigés alors par M. Aimé Dupuy.
La 2 ième année s'est déroulée normalement sous la menace cependant, d'un 2° cataclysme mondial. Les prétentions et l'audace de Hitler conduisent, le 3 septembre, à la deuxième guerre mondiale.
La 3°année, il se retrouve, non à Bouzaréa mais à la caserne du 19° régiment du génie à Hussein-Dey.
Une dizaine d'indigènes munis au moins du Bach, sont autorisés pour la 1ère fois, à participer à un peloton d'Elèves Officiers de Réserve, (EOR) dans le génie, prévu à Versailles mais qui s'est déroulé après une longue attente, en raison de la débâcle française, à Douéra.
De retour à la vie civile en novembre 1940, il est affecté à l'école de garçons de Nédroma. Titularisé sur son poste, il s'est marié le 24/10 /1942 mais dès le débarquement américain en Afrique du Nord, le 08/11/1942, il est rappelé comme sous officier au 45ième bataillon des transmissions à Maison-Carré. Sa Compagnie de radiotélégraphistes, devenue parc des transmissions d'armée, cantonne pour s'organiser, s'équiper et se préparer à un éventuel débarquement en Europe, successivement à Birtouta, Casablanca (Maroc), Larbaâ et enfin aux aréas invivables, de Hassi ben Okba, près d'Oran.
Sa Compagnie débarque finalement en Provence avec la 1ère Armée française d'Afrique commandée par le général de Lattre de Tassigny. C'est en chantant «C'est nous les Afric0ains qui revenons de loin, nous venons des colonies pour défendre le pays», qu'il participe à la libération de la France, depuis la Provence, en passant par les Alpes, le Jura, les Vosges, l'Alsace et finir la guerre à Grenoble avec les FFI.
Démobilisé en septembre 1945, il rejoint son poste à l'école puis au CEG de Nédroma, enseignant les disciplines littéraires (français, histoire-géo, dessin) puis les sciences naturelles et physiques, pour se fixer enfin en math. Il mène alors dans sa ville natale, en pleine «commune mixte», avec le risque de perdre son gagne pain, une activité intense à la fois pédagogique et nationaliste jusqu'en mars 1956.
La guerre d'indépendance de l'Algérie le contraint à se déplacer avec sa famille à Rabat (Maroc), il enseigne tout en militant à l'OCFLN, d'octobre 1956 à juin 1959 les math,au Collège de premier cycle de Settat puis d'octobre 59 à juin 62 au Lycée Moulay Youcef à Rabat.
A l'indépendance, il retourne en Algérie. Il n'est nullement tenté par des situations importantes et préfère rester dans l'enseignement. Dans un pays dévasté et déserté, il faut tout improviser et refaire «à partir de zéro», surtout dans le domaine de la scolarisation et de l'éducation. Un travail colossal mais enthousiasmant lui échoit. Différentes fonctions, souvent cumulées, lui sont confiées. Il les accepte sans rien refuser, sans rien demander en retour.
10.1962-06.1969 : Inspecteur de l'enseignement élémentaire et moyen bilingue à Tlemcen (4 ième circonscription comprenant la zone frontière et la ligne Morice, encore truffée de mines), en recréant et en réorganisant les œuvres complémentaires de l'école (FOCET).
1968-1971 : Directeur du CEG, CET et école de garçons de Nédroma (poste d'origine obtenu en 1956), et rejoint à la suite d'un désaccord avec l'Inspecteur d'Académie).
1971-1975 : ouverture et Direction du nouveau CEM d'Agadir à Tlemcen.
1975-1980 : ouverture et Direction du CEM Abou Hamou Moussa II et du CEM Abdelmoumen, tous les deux nouvellement construits, (ainsi que le lycée, par la suite, grâce à ses démarches de président de la commission des affaires culturelles et sociales de l'APW de Tlemcen), l'un en tant que titulaire, le second appartenant à l'enseignement religieux, à titre bénévole, pour son intégration à l'Education Nationale.
01/10/1980 : retraite après 43 ans d'ancienneté jour pour jour, depuis l'admission, à l'ENIB.
1981 à 1984 : Inspecteur de l'enseignement fondamental, contractuel.
Soit 46 ans bien ficelés qui se prolongent encore depuis sa retraite par diverses activités, au service de l'instruction et de la culture, en dépit des déficiences physiques dues à l'âge et aux embuches et difficultés diverses qu'il ne cesse de rencontrer anormalement sur son chemin.
2-
« Un parcours rude mais bien rempli » Parcours rude par :
- des études primaires et secondaires dans des conditions difficiles, interrompues dès l'Ecole Normale et tout au long de l'exercice de la fonction d'enseignant par des guerres successives (2 ième guerre mondiale, guerre d'indépendance de l'Algérie, guerres du terrorisme).
- la lutte contre le régime colonial puis contre les déviations et la perversion de l'Administration algérienne.
- des événements douloureux, familiaux et professionnels, des problèmes et faux problèmes permanents. Parcours bien rempli :
L'importance du travail accompli et la qualité de l'œuvre réalisée en témoignent :
- initiatives personnelles ou sur demande de l'administration, pour aménager, embellir et construire des locaux scolaires, aux moindres frais et en peu de temps.
- activité constante de recherche, d'amélioration et de diffusion de méthodes et de techniques pédagogiques innovantes, au niveau local, national et international (techniques Freinet, méthode de découverte en mathématiques, membre du bureau de la FIMEM (Fédération Internationale des Mouvements de l'Ecole Moderne), chargé de la confection de la « Gerbe internationale, participation à plusieurs RIDEF et congrès en France, en, Europe, organisateur de la RIDEF de Tlemcen en 1975.
- formation de centaines de cadres de haut niveau, de toutes nationalités et confessions religieuses se trouvant actuellement en Algérie, au Maroc en France au Canada, en Amérique et ailleurs. Quelques exemples parmi les plus connus :En Algérie : Baghdadi Mohammed, Directeur général des domaines, Baghdadi Djilali, magistrat réputé, Sid Ahmed Ghozali, premier ministre, le général Rahal Yahia, Keddar Ahmed docteur en sciences nucléaires en Autriche, Benzaghou Benali, recteur de l'Université Bab Ezzouar, Medelci Mourad, ministre des AE .
Au Maroc: Driss El Basri, ministre de l'intérieur du roi Hassan II et bien d'autres notoriétés.
L'œuvre d'écrivain. (éditée 2 fois, par l'OPU et l'AGP à Oran puis par l'ANEP à Alger)
Elle comprend : une autobiographie en 3 tomes (citée ci-dessus)
Tome 1 : «D'une guerre mondiale à l'autre» ou de la naissance à une fausse démobilisation (21 janvier 1918 – 12 octobre 1940)
OPU en novembre 1999 et ANEP en octobre 2004 (286 p., 40 illus.)
Tome 2 : «Des débuts de la seconde guerre mondiale à la fin de la guerre de libération de l'Algérie» (novembre 1940 – mars 1962)
AGP en novembre 2001 et ANEP en avril 2004 (288 p. , 29 illus.)
Tome 3 : «L'indépendance» (19 mars 1962 – 16 avril 2002)
AGP en avril 2002 et ANEP en novembre 2006 (406 p., 59 illus.)
un quatrième livre, paru fin décembre 2006 Il s'agit d'un « roman historique » de 160 p,.inspiré par les trois tomes précédents, intitulé :« Hami s'en va-t-en guerre, ne sait quand reviendra ». C'est un témoignage vécu sur le rôle négatif,discriminatoire et sur l'ingratitude de la colonisation dans l'Armée française. Thème traités récemment dans le film « l'Indigène »
Remarques importantes : - les quatre livres ont été entièrement réalisés (textes, photos, dessins, corrections, maquettes) sur ordinateur par .l'auteur, entré sans aucune formation préalable, dans l'informatique malgré un âge avancé et une déficience visuelle de plus en plus importante.
-D'autres livres auraient été écrits sans doute !
L'ordinateur est devenu un compagnon inséparable et une raison de vivre encore et d'exister, comme enseignant et éducateur de générations passées, présentes et futures.
3-
L'œuvre de MB DJEBBARI commentée à travers ses écrits par des personnalités notoires, des universitaires algériens et français, des journalistes réputés et de simples lecteurs.
- Le Président de la République Abdelaziz Bouteflika, dans deux lettres de félicitations à l'auteur.
1-«J'ai reçu votre livre avec un grand plaisir, d'autant plus que j'en ai entendu dire beaucoup de bien, avant même qu'il me parvienne, pour l'abondance et la qualité des renseignements, qu'il renferme, utiles à tous ceux qui étudient l'histoire de la réalité vécue dans notre pays durant l'occupation étrangère, depuis le début du siècle jusqu'à la fin de la révolution libératrice, bénie...Je vous félicite et je félicite la bibliothèque algérienne pour ce livre excellent....
Je demande à Dieu de vous aider, à faire davantage pour le bien de l'Algérie, de vous conserver, de vous récompenser au nom de tous ses enfants et d'augmenter les hommes de valeur tels que vous »
2-«C'est avec une extrême satisfaction et un immense plaisir que j'ai reçu le tome 2 de vos précieuses mémoires. Dès que je l'ai parcouru, j'ai senti que votre haute notoriété nous a gratifiés, encore une fois, d'une œuvre appréciable et digne d'éloges. Après une longue et méritoire carrière et des efforts couronnés de succès au service de l'éducation et de l'enseignement dans notre pays, vous honorez à nouveau, votre corps et ceux qui en font partie, en écrivant et en faisant connaître le rôle brillant assumé au siècle passé par les générations d'enseignants algériens, en vue d'enraciner les fondements de notre personnalité nationale et les valeurs de notre civilisation dans la conscience de notre jeunesse...
Continuez donc et soyez persuadé, notre maître vénéré, que l'Algérie enregistrera votre mérite avec l'encre de la fierté et de la gloire».
- Djilali SARI, prof. à l'Université d'Alger. (El Watan du 22. 12. 1999). «Il faut lire et relire attentivement le premier tome de M.B. Djebbari, l'authentique et l'illustre de ces « humbles instituteurs », cette génération d'apôtres du savoir et du savoir-faire qui a eu l'honneur et la lourde tache de jeter les bases du renouveau, de semer « les bonnes graines » à travers des terres ingrates».
-A. DJAGHLOUL, prof. à l'Université d'Oran . (Algérie Magasine, du 23 au 29 03 2000).
«Le premier tome des mémoires de MB Djebbari, intitulé « D'une guerre mondiale à l'autre », se lit avec un rare bonheur. Le lecteur y trouvera d'abord l'histoire d'une tranche de vie d'un Nédromi, de sa naissance le 21 janvier 1918 à sa démobilisation le 12 octobre 1940. L'auteur sait raconter dans une langue drue, pétillante d'humour et riche en anecdotes suggestives, les différentes étapes de sa vie d'enfant, d'adolescent et de jeune adulte et les différents milieux sociaux (quartiers, villes, familles, écoles, armée dans lesquels s'est formé cet enseignant de la vieille génération. S'il n'était que cela, ce livre serait déjà beaucoup pour le lecteur d'aujourd'hui. Mais il est plus que cela, il est aussi une contribution notable à la connaissance du système scolaire colonial et à la socialisation politique nationalitaire des élites d'une médina, remettant souvent en cause avec une franchise allègre les jugements abrupts que les générations actuelles ont tendance à poser sur un passé si proche et déjà si lointain».
- Nadir MAROUF, prof. d'anthropologie sociale à l'Université Jules Vernes (Picardie). Amiens (Préface au livre de A. Dendane paru en 2002, éditions l'Harmattan, Paris).
« La parution récente du livre autobiographique de Monsieur M.B. Djebbari, inaugure sans aucun doute une historicité inédite dans notre pays. ... Je pense que la sociologie de l'éducation encore balbutiante en Algérie, s'enrichirait des précieuses informations que recèle ce type de travaux. ...Valeur documentaire certes, mais le style n'a rien à lui envier ; riche, chatoyant par endroits, la richesse du vocabulaire et l'élégance des formulations et des phrases dont le niveau ferait pâlir de jalousie nos docteurs d'universités ».
4-
- A. BOUHAIK, journaliste (Le quotidien d'Oran du13 12 1999, (article intitulé : Des normaliens dans le siècle)
« Fraîchement sorti des presses de l'Office des publications universitaires, vient d'être livré à notre bonheur de lire, un revigorant, tonique et fort utile ouvrage. Son auteur M.B. Djebbari a assurément réussi là un travail urgent à découvrir. ....Nous l'avons lu, dévoré devrions-nous dire d'un bout à l'autre comme une friandise, en le dégustant à plusieurs de ses niveaux.».
- Docteur Hadj Mahi Senouci (simple lecteur)
- Mahmoud BOUAYED, conseiller culturel à la Présidence de la République :« C'est avec un réel intérêt que j'ai longuement feuilleté et parcouru appréciativement ce livre, qui, sans nul doute, va enrichir le fond littéraire de notre mémoire nationale... Je reste persuadé que l'usage de sa lecture et de sa consultation, sera fructueux et profitable aussi bien pour le chercheur, l'étudiant, le polygraphe que pour les professionnels de la pédagogie, toutes générations et toutes écoles confondues ».
5-
H. HANNOUN, prof.. en sciences de l'éducation aux Universités d'Aix Marseille. (Message Email).
« Ce travail est selon moi, celui d'un « militant de l'éducation populaire ». On devine qu'il est engagé et sincère. A ce titre, il me paraît être un excellent outil de travail pour les futurs travaux pouvant porter sur l'histoire de l'école en Algérie englobant à la fois la période coloniale, celle de la guerre d'indépendance et la période actuelle. Votre ouvrage est, sur ce point, d'une richesse incontestable pour qui veut connaître cette école « de l'intérieur », vécue par l'un de ses acteurs.
Ce travail doit être considéré non comme une fin en soi mais comme l'outil des recherches des sociologues et historiens présents et à venir. Il devrait déboucher sur des considérations dépassant le simple stade de la relation des faits vers les enseignements à en tirer aux différents plans historiques sociologiques et pédagogiques » Je pense même que l'école algérienne actuelle, dans les difficultés qu'elle traverse, doit pouvoir tirer des leçons de votre expérience...» Par exemple, le fait que votre ouvrage « profitable pour elle » soit écrit en français ne renforce t-il pas l'idée (très discutée, je le sais, en Algérie) selon laquelle les traces laissées par la période coloniale ( la langue française par exemple) ne sont pas toutes négatives de façon absolue. La langue française a même participé à la lutte pour l'indépendance et j'en veux pour preuve les œuvres de Kateb Yacine, Malek Haddad, Mohammed Dib ... et votre ouvrage.
- G. GRANDGUILLAUME , prof. à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris (auteur d'une thèse de doctorat de 3°cycle sur Nédroma avec J Berques et de la préface du tome 1)
«...l'avantage de votre livre est qu'il est écrit de l'intérieur, par quelqu'un qui a vécu les événements en témoin direct. Je pense qu' un ouvrage comme cela est très instructif pour les Algériens, jeunes et vieux, car il fait connaître l'histoire réellement vécue par la société, et non les visions déformées qu'on en présente. ... Je ne sais dans quelle mesure la presse a parlé de votre livre en Algérie : il faudrait en effet quelques articles pour le faire connaître autant qu'il le mérite ».
-Réda Brixi, muséologue, anthropologue. Tlemcen : A travers le mode de vie de l'auteur, nous avons un tableau significatif d'une génération qui a servi avec foi et abnégation et qui a voulu façonner les esprits pour une Algérie nouvelle. Témoignage précieux...il se veut un continuum de la pensée et de la mémoire de ceux de nos illustres écrivains, de Mouloud Mammeri et de Mohammed Dib.
-Aïssa Kadri, directeur de l'Institut Maghreb-Europe, Paris : J'ai lu avec beaucoup de plaisir vos excellents ouvrages, écrits avec beaucoup de pudeur et d'émotion. Ils témoignent de la grandeur, de l'abnégation, de la conscience personnelle, des qualités morales de grand maître discret, dont le reflux après l'indépendance a laissé la voie à tous « les aventuriers ».
Il faudrait consulter aussi les préfaces des tomes 1, 2 et 3 rédigées successivement par :
- G. GRANDGUILLAUME, Djilali SARI, CHEIKH Bouamrane, président du Haut Conseil Islamique.
Ajouter d'autres articles de revues et de journaux non mentionnés ici, ainsi qu'un livre de Djilali. SARI, qui vient de paraître sous le titre de : « L'émergence de l'intelligentsia algérienne de 1850 à 1950) où un chapitre est consacré à MB DJEBBARI.
6-
Prof. Michel Terrasse Directeur de recherche à la Sorbonne Paris (1)
(1) J'ai connu et lié amitié avec le professeur Michel Terrasse au cours d'une rencontre internationale à Tlemcen. J'ai connu son père à Rabot, auteur d'une «Histoire du Maroc» en deux tomes. (Editions Atlantides. Casablanca, 1954)
7-
Voici encore un commentaire récent de Saidj Rachid : ancien élève de l'Ecole Normale de Bouzaréa, ingénieur chimiste résidant à Draria, «qui aime les arts, le beau et porté sur la littérature », installé actuellement à Draria (Alger). Son email est intitulé : Et la lumière fut (Samedi 7 Juin 2008)
Monsieur Djebbari,
Je viens de lire le tome 1 de votre livre « un parcours rude mais bien rempli ». Que d'enseignements, de connaissances sur notre société passée et présente. Votre façon de narrer et de décrire notre société dans les moindres petits détails nous projette sur le vécu de votre récit.
Je dirai si vous le permettez que vous êtes un historien des temps modernes. Vos écrits m'ont permis de connaître un peu plus l'histoire et la sociologie de notre grand pays le Maghreb sans ses barrières frontalières.
En vous lisant, je me suis rappelé d'un extrait de texte tiré du livre de Mostefa LACHERAF : « des noms et des lieux» éditions Casbah 2003 dans son prologue où il est dit ceci: « Chacun de nous dans le domaine de l'histoire se situe, dès le jeune âge et en fonction d'une curiosité brute ou affinée concernant son pays, au niveau d'une catégorie disciplinaire peut-être fortement personnalisée selon ses goûts et ses penchants pour telle ou telle enquête socioculturelle mais répondant quand même à un besoin qui ira en se motivant. Autrement dit, dans ce voyage au long cours qui précède parfois la vocation affirmée de l'historien ou du simple chercheur en sciences humaines, il y a le sens aigu de l'observation (quand il existe et qu'il est modelé par le travail et l'analyse des faits), la mémorisation appliquée aux évènements les infimes contenus dans les vieilles chroniques écrites et orales, les récits et témoignages transmis d'un groupe d'âge à un autre, au sein de la même communauté, sans aucune espèce d'attitude volontariste étrangère au tempérament commun chez eux ou familier à leurs compatriotes».
Aussi, à travers votre autobiographie c'est tout un pan de notre histoire qui resurgit : « il n'y a pas une histoire, un métier d'historien, mais des métiers, des histoires, une somme de curiosités, de points de vue, de possibilités, somme à laquelle demain, d'autres points de vue, de possibilités, s'ajouteront encore » (Fern. Braudel, Ecrits sur l'histoire, Ed. Flammarion, p.97)
Site internet : « Dz Littérature » (1)
Mémoires d'un enseignant de la vieille génération - Auto-Édition, Alger, 2002 (OPU Oran, nov.1999) (2)
Horizons 14 décembre 2004 : «Un parcours rude mais bien rempli»
Mohamed Benamar Djebbari vient de publier aux éditions ANEP ( OPU plus tôt) le premier tome de ses mémoires qu'il situe de la date de sa naissance le 20 janvier 1918 à l'année 1940. Natif de la ville de Nédroma, il évoque les souvenirs de son enfance et raconte l'histoire de l'Algérie de cette époque.
Mohamed Benamar Djebbari a été instituteur. Il a été formé dans la prestigieuse Ecole normale de Bouzaréa qui a été l'établissement de Mouloud Feraoun et de bien d'autres personnalités illustres de la culture algérienne.
A ce titre, son écriture est sublime, comportant une âme et l'amour et la passion du détail et de la précision. Ses descriptions sont exceptionnelles et l'amateur ou le chercheur est comblé par la profusion des événements vécus et peints avec une adresse et une habileté hors du commun.
D'ailleurs, Mohamed Benamar Djebbari, comme il le précise dans sa préface, écrit pour la postérité.
"C'est à la demande de beaucoup de mes anciens élèves et amis devenus souvent des personnalités notoires, mais toujours respectueux et reconnaissants, que j'entreprends ce travail long et fastidieux, mais qui, en fin de compte, peut présenter quelque intérêt". Il poursuit dans cette même préface : « Ce sera aussi un témoignage qui se veut sincère et objectif d'un Algérien qui, depuis son enfance et durant une longue carrière d'enseignant et éducateur, a été un militant anonyme mais actif et désintéressé de la cause nationale et de la construction correcte du pays" et Mohamed Benamar de préciser : « Ce travail sera enfin une modeste contribution à éclairer le présent par le passé afin que l'avenir soit nettement meilleur, s'il plaît à Dieu, pour les générations futures".
Le professeur Gilbert Grandguillaume qui a présenté ce livre félicite l'auteur pour son entreprise vaillante.
Mohamed Benamar Djebbari a été captivé par la foule de détails, extrêmement bien écrits sur l'histoire de la ville de Nédroma. Il donne avec une précision inouïe, les noms exacts des personnes et des lieux, ne négligeant aucun et donnant l'importance à tous. Son évocation se lit comme un roman avec sa problématique et son fil conducteur sauf que les évènements, les lieux et les personnages ne sont pas le fruit d'une imagination fertile
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mais bien réelle et faisant partis de faits vécus et établis. Le livre est ainsi émaillé de chapitres avec des sous-titres qui suscitent l'attention et l'intérêt du lecteur.
Ces chapitres s'intitulent, l'enfance dans le monde d'autrefois avec des titres sur le grand marché du jeudi ou le voyage en diligence en 1927, les études à Alger, Bouzaréa sous la menace d'un deuxième cataclysme mondial et aussi les études primaires sous la direction d'un éducateur exceptionnel. Le livre compte des illustrations d'époque qui retracent et font renaitre ces faits et ces évènements d'un âge marquant dans l'histoire de notre pays.
Le livre se termine par un glossaire de mots qui appartiennent à la culture du profond terroir ainsi que l'accueil de ce livre par des personnalités intellectuelles de renom. L'ouvrage se termine donc l'année 1940 et les lecteurs maintenant imprégnés de cet esprit d'évocations et de souvenirs attendent la publication du tome deux que les éditions de l'ANEP (OPU et AGP d'Oran, nov. 2001) se font un devoir de mettre sous presse au plaisir de ces lecteurs (2). K.C.
Liberté 6 janvier 2003 : Un parcours bien rempli par Mahmoud SariEntamé en novembre 1999, le premier tome des Mémoires d'un enseignant de la vieille génération a suscité un engouement sans pareil auprès des lecteurs épris d'histoire sociologique.
Ce normalien de Bouzaréah, condisciple, entre autres personnalités, de M. Rahal Abdellatif, nous a gratifié de ses riches souvenirs d'enfance et de jeunesse d'entre les deux guerres mondiales, dans un environnement des plus traditionnels et des plus studieux à Nédroma, Tlemcen et Alger.
Deux ans plus tard, en novembre 2001, la seconde partie de ce Parcours rude mais bien rempli nous a fait découvrir, parallèlement à ses activités professionnelles d'avant-garde, son militantisme nationaliste, les prémices et le cours de la révolution algérienne au pays natal, en France et au Maroc.
Ces deux ouvrages, édités, hélas ! en 500 exemplaires seulement, ont été épuisés avant même la publication de la dernière tranche de cette trilogie.
Dans le troisième volume paru récemment depuis la mi-novembre 2002, imprimé lui aussi en 500 exemplaires, malgré d'énormes difficultés, MB Djebbari fait vivre intensément au lecteur les 40 ans de l'indépendance algérienne sur la base de sa féconde expérience vécue comme éducateur, animateur et homme d'art et de culture. Il se défend d'être un historien, cependant cela ne l'empêche nullement de relater fidèlement et objectivement certains faits sociopolitiques qui ont jalonné cette époque dans sa cité natale Nédroma, dans sa ville d'adoption Tlemcen, et dans son pays l'Algérie, et débordant parfois au niveau maghrébin et mondial.
La haute technicité de cet éducateur, converti par nécessité et aussi par amour du travail bien accompli en véritable entrepreneur, l'a conduit à initier et réaliser plusieurs ouvrages d'art, sans jamais demander "un seul sou" à l'Administration, dans les établissements scolaires qu'il a ouverts, réaménagés ou refaits à neuf. Il s'en est servi au contraire de supports pédagogiques pour l'éducation et la formation des élèves et des maîtres dont il avait la charge.
En lisant cet ouvrage, l'enseignant de l'actuelle génération s'imprégnera des méthodes avant-gardistes de l'école moderne ; il saura que l'éducation Freinet était une ouverture sur l'extérieur et une "prémice" à la mondialisation de la concorde et de la paix entre les peuples. À ce titre, les anciens élèves de M. Djebbari qui ont percé dans les sphères dirigeantes doivent tirer une légitime fierté de l'avoir eu pour maître. Sur un plan plus littéraire, l'auteur, tel un romancier chevronné, à l'écriture à la fois sobre et superbe, fait communiquer avec sensibilité les joies et les peines de sa vie personnelle et familiale à tel point qu'une fois le récit d'un événement entamé, le lecteur a hâte de connaître la suite des péripéties que le chef d'orchestre mène à leur épilogue avec maestria. Les témoignages et les échos qu'ont déclenchés les deux tomes précédents laissent augurer au présent ouvrage préfacé par une sommité intellectuelle, en l'occurrence le professeur Bouamrane Cheikh, président du Haut Conseil islamique, un accueil des plus attendus auprès du lectorat qui, en plus des illustrations inédites à caractère documentaire, pourra apprécier à sa juste valeur une partie de la production picturale de l'auteur.
Il ne nous reste plus à souhaiter que cette oeuvre soit reprise en langue arabe par M. Djebbari qui a le mérite d'être bilingue, sous la forme concentrée d'un reader's digest, afin de cibler un public beaucoup plus large.
Nous apprenons, en dernière minute, une heureuse initiative : les trois volumes entièrement revus et corrigés sont en cours de réédition par l'ANEP dans le cadre de l'année Al Djazaïr 2003 en France. M. S.
(1) l'ANEP malgré ses engagements n'a procédé à son édition qu'en nov.2004 (T.1), avril 2005 (T.2), nov. 2006 (T.3)
(2) Les sites internet qui contiennent des informations sur MB DJEBBARI sont entre autres:« bouzaréa.org »,«les Normaliens » ,«Dz Littérature», «MZAB : culture-patrimoine», «El Mouahidia», «Nédroma», «Gilbert Grandguillaume»
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Quatrième livre: deux articles de presse ont salué sa parution
1-C. Berriah, ( El Watan, édition du 19 12 06)« ...En dépit de son âge très avancé, MB DJEBBARI, continue de produire des œuvres littéraires à une cadence très régulière. Dans ce quatrième livre,... l'auteur nous conte avec un style décapant, l'histoire émouvante d'un jeune instituteur, appelé contre son gré à faire la guerre mondiale 1939-1945 et c'est dans cette ambiance mêlée de dégout, de colère, de résignation et d'humour aussi que le lecteur est promené d'un endroit à un autre, « s'incorporant » dans les misères et les servitudes du militaire indigène puis se «démobilisant» pour vivre et voyager dans les souvenirs saisissants du narrateur (période de Vichy, scoutisme, feux de camp, mariage, débarquement américain du 8 novembre 1942, reprise de la guerre, libération de la France, fin de la guerre).
2- Djelloul Belbachir (le Quotidien d'Oran, édition du 7 01 07)
Autres marques d'intérêt pour l'œuvre de MB DJEBBARI Emissions radiophoniques La radio régionale de Tlemcen a consacré à chaque tome, trois séances dans son émission culturelle hebdomadaire, animée alors par Kerroum Boumédiène actuellement docteur, à la tête du département lettres arabes à l'Université ABB Belkaïd de Tlemcen. Il était assisté de MM Sari Mahmoud et Chelloufi Ahmed, hommes de culture bien connus localement. Les mêmes séances ont été parallèlement émises en français par la chaine 3, sous l'impulsion de Ghomari Ammar avec les mêmes assistants, renforcés par Mcherbet Ali, docteur en sciences de l'éducation.
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Mêmes D'autres émissions en trois séances ayant pour thème « le livre et son auteur » ont suivi et se répètent périodiquement, en particulier celles de Abdelbaki et de Hayat. Le premier a tenu une réunion au domicile de l'auteur, à laquelle ont pris part les personnalités suivantes : Rahmoun Noureddine Hamza Cherif Abdelaziz, Benosmane Hami, et ma fille Mme Halfaoui AminaEmissions de la télévision « Canal Algérie », parlant français, s'est chargée jusqu' à ce jour de trois émissions très appréciées, écoutées dans le monde entier grâce au satellite.
La première date de juillet 2004 à l'occasion du colloque international sur Nédroma tenu au palais de la culture à Alger sous l'égide de l'association « El Mouahidia ». L'émission animée par Méziani eut lieu en soirée à la villa Pouillon avec la collaboration de MB Djebbari, G. Grandguillaume, Dj. Sari, Anissa Barkat. L'orchestre de musique andalouse et beaucoup d'invités d'El Mouahidia, en tenue traditionnelle rehaussaient la soirée où l'intervention de MB Djebbari a été fort remarquée .La deuxième, sous le nom « El Kaâda », date de vendredi 21 mars 2008. Elle a été émise en direct de Tlemcen, à partir du magnifique patio couvert de la bibliothèque centrale de l'Université ABB B. Elle a été préparée et présentée avec brio et compétence par l'algéroise Linda Elle concernait le patrimoine matériel et immatériel de la wilaya de Tlemcen. Les orchestres de Ghaffour Hadj Mohammed et Koufi Nouri y étaient invités en même temps que de nombreuses personnalités, homes et femmes universitaires et représentants les traditions culturelles, artistiques, artisanales vestimentaires et culinaires de la ville. MB Djebbari y participait, et a été sollicité à intervenir, à la fois comme Nédromi et Tlemcénien. Cette émission d'une durée de plus de deux heures a été répétée dans la même nuit.
Une troisième séance a été reprise en différé en deux fois, trois mois après environ. Présentations et ventes dédicaces des livres.
1- par le syndicat d'initiative et du tourisme, dans son local à Tlemcen sous la présidence du Dr Baba Ahmed le 20/01/2000.
pour le tome1
-par la librairie de l'OPU, place Audin à Alger le 21 mai 2000 en présence de Djilali Sari et Ghomari Khaled (Directeur commercial d'Air Algérie et ancien élève).
-par l'Association El Mouahidia à Nédroma le 17 04 2001
-par le cercle « Les jeunes Algériens » à Tlemcen,
pour le tome 2, le 17 01 02
-par l'association «Les amis de Tlemcen» (tome1 et 2) au siège de l'UNESCO à Paris en décembre 2001.Hommages rendus à MB DJEBBARI pour ses livres
-par l'Association « El Mouahidia le 17/04/2000.à Nédroma, à l'occasion du Youm el Ilm.
-par l'Université ABB Belkaïd le 22 09 02, au cours d'un colloque international en sciences de l'éducation tenu à Tlemcen à la Bibliothèque centrale.
Utilisation importante des livres
- par la Faculté des lettres et sciences humaines et sociales ainsi que par la Bibliothèque centrale de l'Université, qui ont mis à la disposition des étudiants et des chercheurs pour préparer mémoires, magisters et doctorats en histoire, sciences sociales et sciences de l'éducation.
- par les établissements secondaires et moyens, la maison de la culture, la FOCET qui ont acquis des séries de livres pour leurs bibliothèques ou pour les offrir comme récompenses à leurs meilleurs élèves.
Le mot de la fin et de la faim
MB DEBBARI a donc beaucoup fait et donné dans tous les domaines pour son pays, pour ses élèves, pour ses enfants. Il laisse un patrimoine culturel et moral précieux à leur disposition. Par contre, il n'a rien demandé à quiconque ou obtenue quoi que ce soit, matériellement s'entend, de personne, ni avantage, ni profit quelconque, même pas ceux qui lui reviennent de droit en tant que citoyen, enseignant et militant nationaliste de première heure, ayant contribué grandement et souffert durement pour la libération du pays. Il en a été frustré, victime de sa droiture et de sa bonne foi. Les seuls biens en nature ou en espèce qu'il possède, sont ceux qu'il a obtenu par son travail et ses propres moyens, se réduisant à une maison construite «à partir de zéro» et achevée à 30 ans, en plein régime colonial. Il ne doit rien donc, à personne, il vit la tête haute de sa retraite dérisoire d'enseignant, riche et heureux, uniquement de tous les hommes valeureux qu'il a formés, de la reconnaissance et de la considération affectueuse qu'ils lui témoignent tous, non sans fierté, eux aussi.